Réalisation: Denis Villeneuve
Interprètes: Harrison Ford, Ryan Gosling, Ana de Armas, Dave Bautista
Scénario: Hampton Fancher, Michael Green

Durée: 163‘
Genre: Film de science-fiction
Date de sortie: 04/10/2017
Cotation: **** (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

Après de nombreux problèmes de révoltes et de rébellions chez les réplicants, des androïdes humanoïdes, Tyrell Corp, leur fabricant, a fait faillite. Une société spécialisée dans l’agriculture synthétique, Wallace Corp, a racheté les vestiges de Tyrell et construit de nouveaux réplicants plus fiables. Mais il reste dans la nature des androïdes de type Nexus 8, à durée de vie indéterminée, qui sont eux traqués impitoyablement par des détectives spécialisés, les blade runners.

Il y a 35 ans, un film de science-fiction, BLADE RUNNER, adaptation d’un roman de Philip K. Dick, venait bouleverser les références traditionnelles de ce genre. En lieu et place d’un univers magnifié, propret, à la modernité outrancière, Ridley Scott nous balançait un film noir à la pluie incessante et au modernisme cradingue et déglingué, de la SF avec un zeste de steampunk.

2017, le canadien Denis Villeneuve, qui en 9 longs métrages de fiction (dont INCENDIES, ARRIVAL) et plus ou moins 20 ans, a fait un sans fautes, toujours épaulé par le scénariste du premier BLADE RUNNER, Hampton Fancher, se colle donc à la réalisation d’une des suites les plus attendues des fans du genre.

Et au final, on peut voir dans BLADE RUNNER 2049 un sommet de réussite jamais atteint dans le cadre d’une suite. Seul ALIENS de James Cameron peut sans doute prétendre aussi à ce titre. Et il nous propose un 2e opus exceptionnel réussissant une suite, hommage à l’original, sans jamais en faire une pâle copie.

Le scénario

Intelligent, celui-ci est aussi très subtil car il fait vraiment suite au film de 1982 prenant des éléments de ce dernier tout en les transcendant et en les adaptant aux besoins de ce nouvel opus. Par ailleurs, ce nouveau scénario réussit encore mieux à semer le doute dans l’esprit du spectateur sur ce qui est la réalité et ce qui ne l’est pas. Entre réplicants et humains la différence devient infime, trompeuse, reposant sur des détails, imprimant le trouble dans l’oeil du spectateur. Cela rend BLADE RUNNER 2049 encore plus proche des préoccupations de Philip K. Dick que l’original.

La photographie

C’est Roger Deakins, le directeur de la photographie sur de nombreux films des frères Coen mais aussi sur SKYFALL, PRISONERS, SICARIO ou THE VILLAGE qui donne à BLADE RUNNER 2049 ses plus beaux moments. De plans magiques où la lumière, personnage à part entière, est à couper le souffle. On peut sans hésiter dire que, sans lui, Denis Villeneuve n’aurait jamais pu faire le film qu’il a fait ici.

Blade Runner 2049

La musique

Benjamin Wallfish et Hans Zimmer (INTERSTELLAR) font un écho parfait à la musique de 1982 de Vangelis. Sans jamais plagier, ils parviennent à re-donner cette omniprésence du son et de la musique au sein du film. A nouveau, l’émotion ressentie par le spectateur devant les images est réellement renforcée par la qualité de la musique et son à-propos, particulièrement lors d’une vision en Imax.

La mise en scène

Après son premier film de science-fiction ARRIVAL (en 2016) qui avait déjà marqué les esprits et le genre, Denis Villeneuve montre décidément son talent en matière de découpage et de mise en scène. Ses plans sont soignés, son cadrage est au cordeau, il prend le temps qu’il faut pour ses scènes, ne sur-découpant jamais, laissant la place au jeu des acteurs. Ses choix de placement de caméra servent le récit renforçant souvent le propos du film (rien que la scène d’entrée en matière est une vraie leçon de cinéma).

Au final, inutile d’en rajouter, BLADE RUNNER 2049 est une bien belle réussite, un film dont chaque détail a été soigné et qui ravira les fans de science-fiction, emportera les autres dans un univers étonnant et séduira les amateurs du premier. Que demander de plus?

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou … extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains…