Titre français: Au-delà du Ring

Equipe:
Durée: 102‘
Genre:
Date de sortie: 16/10/2001
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

BEYOND THE MAT nous entraîne dans les coulisses du catch, un business plus qu'un sport, et nous donne un aperçu de la vie privée des hommes et des femmes qui peuplent cet univers haut en couleurs.

Notre critique:

Le catch est un sport truqué. Soit.

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Depuis la nuit des temps, l’enjeu des combats est décidé bien avant que les protagonistes ne montent sur le ring. Le catch n’est pas un sport, mais bien un gigantesque show, mis en scène et financé par des organisations telles que le WWF ou le EWF (organisme de catch extrême). Ceci n’empêche ni le public américain de hurler autour des rings, ni de nombreux amateurs de s’entasser derrière leur poste de télévision.

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Barry Blaustein, scénariste en chef et producteur du Saturday Night Live, est passionné de catch depuis l’enfance. C’est donc tout naturellement qu’il choisit pour son premier film ce sujet original. Cinq ans de tournage aboutissent donc à ce documentaire qui plonge dans les dessous de ce show business bien particulier.

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Le principal enseignement à en retirer est pour le moins étonnant: ces combats factices sont bien moins réglés qu’on ne pourrait le croire. Les combats suivent un déroulement approximativement défini à l’avance. Tout est flou, si ce n’est l’issue! Les blancs sont improvisés par des catcheurs inconscients, voire à moitié fous, voire liés par un contrat crapuleux à une ligue peu scrupuleuse de leur santé.

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Afin de dresser un portrait qui se veut objectif, Blaustein a suivi quelques figures emblématiques du milieu. Il parvient, à force de persévérence, à capturer des instants privilégiés de leur vie. Des instants de vérité sans fard, loin des masques portés sur le ring. Comme Mankind qui présente à ses enfants un « ami » qui, quelques minutes plus tard, lui éclatera le portrait avec une chaise en bois. Comme The Snake, coké jusqu’aux yeux, qui raconte le drame et le vide de sa vie. Comme Funk qui, pour populariser le championnat de catch extrême, se ramasse à près de 50 ans des coups de grille-pain en travers de la tronche.
Blaustein nous montre jusqu’où des hommes vont pour satisfaire leur besoin d’argent et de célébrité. Il pointe le système. Enfin, et surtout, l’espace d’un plan bouleversant (les yeux d’une fillette qui assiste à un combat de son papa), il capture la violence et la démence de combats bien moins préparés qu’on ne l’aurait cru. Et dire que ces types vivent une vie de famille presque trop… normale.

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Plus qu’un film sur le milieu du catch, BEYOND THE MAT est un film sur l’être humain et ses antagonismes. Un film après lequel on ne peut que réprimer un frisson d’incompréhension.

A propos de l'auteur

Journaliste