Titre français: Batman & Robin

Equipe: Akiva Goldsman, Arnold Schwarzenegger, Chris O'Donnell, George Clooney, Joel Schumacher
Durée: 125‘
Genre:
Date de sortie: 15/07/1997
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Les aventures cinématographiques du milliardaire vengeur chauvesourisé, opus 4. Avec l'aide de Rouge-Gorge et de Pipistrelle Fille*, il met hors d'état de nuire M. Gel et la dangereuse Plante Vénéneuse...

Notre critique:

Pour la période Schumacher, BATMAN & ROBIN est à BATMAN FOREVER ce que BATMAN RETURNS était à BATMAN, lors de la regrettée période Burton. L’application d’une formule enfin maîtrisée, nettoyée des hésitations et des scories du numéro précédent, sorte d’épisode-test.

Un regain de qualité face auquel il ne faut cependant pas se leurrer. Autant les BATMAN de Burton étaient des poèmes dépressifs, vibrant de sensibilité obscure, autant ceux de Schumacher sont comme des parcs d’attractions, ébouriffants, bariolés et bourrés d’humour facile. Du grand spectacle. Du divertissement pur crin. Sans émotion, sans coeur. Au mieux, on pourra dire de BATMAN & ROBIN que c’est un « bon produit ».

Oubliée donc l’hystérie désagréable de FOREVER. On a droit à des méchants construits (à défaut d’être approfondis), à des scènes d’action lisibles et réellement prenantes (la poursuite en voiture sur les tours et les statues de Gotham), et même à une portion congrue de sentiments (l’agonie d’Alfred le majordome, la tragédie de M. Freeze), très convenue mais pas désagréable pour autant. Quelques fautes de goût viennent gâcher le plaisir (des bruitages de cartoon, des one-liner** à tout bout de champ, des couleurs fluos à tort et à travers,…); mais on s’en doutait: c’est un film de Schumacher.

Celui-ci utilise toutes ses ficelles d’homme de spectacle pur. C’est très efficace, mais son BATMAN & ROBIN confirme une fois de plus qu’il n’a aucun regard, aucun univers, aucune vision propre. On se rappelle comment il avait traité des sujets « brûlants » comme CHUTE LIBRE (virulente critique sociale qu’il a magnifiquement rendue) ou comme LE DROIT DE TUER? (apologie mélodramatique de l’auto-défense). C’est un mercenaire apprécié de la convention, un prestataire de service reconnu de la mode. Heureusement pour lui, les quelques résidus des BATMAN de Burton constituent un bon fond de commerce…

Finalement, avec lui, BATMAN & ROBIN c’est devenu du Barnum. Mais quand on a envie de se mettre le cerveau en veilleuse, le Barnum, ça a quelques fois du bon.


* D’après le ch’ti Bob: « Petite chauve-souris aux oreilles pointues ».
** Ce sont ces petites phrases, sensément drôles, prononcées par les protagonistes du film, et qui en général ponctuent les scènes d’action. Un one liner célèbre: « Hasta la vista, baby! » dans TERMINATOR 2. Par ailleurs, DIE HARD et les LETHAL WEAPON sont d’excellentes entrées en matière pour découvrir le monde merveilleux du one liner.

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A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.