Equipe:
Durée: 142‘
Genre: Drame
Date de sortie: 14/11/2006
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

En plein désert marocain, un homme marche et amène un fusil à un fermier et ses fils. Yussef et son frère y élève des chèvres avec leur père.
Richard et Susan, touristes américains, tentent de mettre à profit une immersion dans ce même désert pour régler leurs divergences et leurs conflits intérieurs.
Ayant emprunté le fusil de leur père pour protéger leur troupeau, Yussef et son frère s'amuse à tirer sur les coyotes mais aussi sur tout ce qui bouge. Et c'est alors que passe le bus qui transporte Richard et Susan...
Alors qu'elle sommeille sur son siège, Susan est touchée grièvement...

 

Notre critique:

En trois ou quatre films, le mexicain Alejandro González Iñárritu s'est taillé une solide réputation de metteur en scène et a, avec son scénariste Guillermo Arriaga (également scénariste de l'excellent THE THREE BURIALS OF MELQUIADES ESTRADA), gagné quelques beaux prix dans divers festivals et convaincu de son talent bon nombre de cinéphiles…

Et en un mot comme en cent, BABEL confirme tout le bien que l'on pense d'Iñárritu et d'Arriaga.

Que cela soit avec AMORES PERROS ou 21 GRAMS, ce couple d'auteurs a montré qu'il s'intéressait avant tout aux personnages et aux destins de ceux-ci. Les interactions entre les êtres les fascinent et leur permettent de développer des histoires passionnantes aux rebondissements multiples et qui éclairent magnifiquement notre (absence d') humanité.

Avec une mise en scène et en images très habiles et un Brad Pitt à contre-emploi, BABEL parvient à mettre en images un drame étonnant mêlant les destins de personnages aux quatre coins de la planète, qui, en principe, n'auraient jamais dû se rencontrer. Ces récits, montés en parallèle, dynamisent le film et illustrent une sorte d'effet papillon sur les destins des hommes et femmes qui se trouvent embarqués malgré eux dans la ligne de tir du fusil de ces deux jeunes enfants marocains qui ne croient pas mal faire.

BABEL, c'est aussi, comme son nom le suggère, un film qui parle du brassage culturel et du foisonnement des différences. Ce foisonnement est autant source de bonnes que de mauvaises choses selon Arriaga et Iñárritu: il est à la fois la raison de l'incompréhension entre les peuples et la raison de l'évolution de l'humanité grâce à la diversité. Au fur et à mesure du film, on se rend compte qu'il est presque difficile de croire que tout ce monde vit sur une seule et même planète!

Vrai drame (dans le bon sens du terme), BABEL se conclut hélas par un constat de cohabitation impossible dans lequel chacun retourne chez lui, là où il appartient, sans pouvoir échanger ou communiquer avec l'autre… C'est une vision des choses relativement noire mais juste, et qui, espérons-le, changera avec le temps.

 

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...