Equipe: Anthony Bajon, Bruno Ulmer, Edouard Bergeon, Emmanuel Courcol, Guillaume Canet, Veerle Baetens
Durée: 103‘
Genre: Drame
Date de sortie: 09/10/2019
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pierre Jarjeau revient à 25 ans des Etats-Unis où il a travaillé dans une très grosse ferme d’élevage. Il rentre au pays pour racheter Les Grands Bois, la ferme de son père.

Notre critique:

Un nouvel agriculteur se suicide tous les deux jours… C’est sur ce constat et sur ses origines paysannes depuis plusieurs générations que s’est basé Edouard Bergeon pour son premier long métrage de fiction, AU NOM DE LA TERRE.

Après plusieurs documentaires autour du monde paysan, Edouard Bergeon a donc décidé de décliner ses connaissances de la ruralité en une fiction soutenue par des acteurs de talents qui se sont impliqués à fond dans le sujet.

Balayant sur plus de 40 ans la vide d’une famille d’agriculteur dont Pierre, le fils du patriarche, va devoir faire face à tous les défis de l’agriculture moderne tout en s’opposant avec un père qui lui fait  la leçon sur tous ces choix, AU NOM DE LA TERRE est un film essentiel tant il décrit dans le détail toutes les contradictions auxquelles doit faire face un agriculteur de nos jours.

Après un début montrant l’enthousiasme qui anime l’agriculteur plus entrepreneur que paysan, le récit s’enfonce rapidement dans le vif du sujet et surtout dans la descente aux enfers de l’endettement de Pierre, de sa perte de rapport à la terre et de l’incendie de son hangar à chevreaux.

Film âpre, sans détours, sans hypocrisie, AU NOM DE LA TERRE envoie simplement la vérité simple aux yeux des spectateurs. Sans pathos, le film n’en est que plus fort car il s’agit d’un constat sans fioritures.

Admirablement joué par Veerle Baetens ou encore Rufus (parfait en père aimant et buté à la fois), c’est Guillaume Canet qui surprend le plus dans le film de Bergeon. Très impliqué dans son rôle, il s’est transformé physiquement (perte de kilos, tête rasée sous forme de calvitie) et a réellement basculé dans la peau de ce fermier incarnant au plus près le mal-être de toute une classe…

Au final, AU NOM DE LA TERRE n’est bien entendu pas un film facile (voir la vérité en face n’est jamais facile!) mais c’est un film indispensable qui souligne avec justesse la problématique paysanne actuelle face aux enjeux de durabilité et d’écologie! A voir absolument.

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...