Equipe:
Durée: 75‘
Genre:
Date de sortie: 05/05/1998
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

ATTAVILLE: la ville des fourmis Atta. Elles vivent sur l'île de Barro Colorado, dans le canal de Panama. L'organisation de leur fourmilière présente des comportements sociaux étonnants, proches de certains mécanismes humains. En effet, les fourmis Atta pratiquent, entre autres, une certaine forme d'agriculture...

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Notre critique:

ATTAVILLE est un documentaire réalisé par Gérald Calderon. Le film, d’un peu plus d’une heure, se consacre aux insectes sociaux. Les fourmis Atta ne sont qu’une des multiples espèces à présenter ce type de comportement. Calderon et son équipe ont parcouru le monde (de la Suisse aux jungles de la Côte d’Ivoire) et ont étudié fourmis, termites et abeilles. Ces communautés s’organisent en hiérarchie d’individus. Chacun a sa tâche spécifique: défendre, nourrir, porter. Chacun travaille pourtant dans un but unique et précis: protéger la reine et engendrer des descendants pour assurer la pérennité de la colonie. Douze semaines de tournage ont été nécessaires pour rassembler des images troublantes, en provenance d’une réalité parallèle qu’on n’a pas l’habitude de voir au cinéma.

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ATTAVILLE est le négatif de MICROCOSMOS. Ce dernier privilégiait l’image, le son. C’était avant tout une oeuvre d’art en hommage aux insectes, qui ont souvent mauvaise publicité dans l’esprit de la population. Dans MICROCOSMOS, pas de longs commentaires, pas de considérations scientifiques. Juste des insectes, et l’amour de filmer des insectes. A l’inverse, ATTAVILLE se présente sous une forme très classique, qui rappelle les documentaires du JARDIN EXTRAORDINAIRE. Les commentaires de Jean-Claude Carrière mêlent intelligemment la rigueur scientifique et des questions plus philosophiques. Malheureusement, contrairement à son prédécesseur, ATTAVILLE ne jouit pas d’images aussi belles. Il faut dire qu’il n’y a pas de comparaison entre tourner dans la campagne française et tourner dans la forêt équatoriale. Le résultat est toutefois moins attrayant. Certaines séquences sont un peu sombres. L’image est plus crue. Quant à la bande son, si elle est correcte, elle n’est pas remarquable.

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ATTAVILLE a des qualités indéniables, notamment au niveau du contenu. On peut cependant s’interroger sur sa sortie en salles, qui tient plus de l’opportunité de profiter du phénomène MICROCOSMOS que d’une réelle nécessité. ATTAVILLE est plutôt un film à découvrir en vidéo, à écouter et à visionner plusieurs fois, non pour ses images, mais pour les réflexions qu’il suggère : il balaye d’un revers de main toutes les divagations d’un certain Bernard Werber, montrant à quel point la vie rêvée des fourmis est éloignée du quotidien de ces machines collectives.

A propos de l'auteur

Journaliste