Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 20/07/2004
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Bienvenue à Skotlett trou perdu au milieu de nulle part qui s'anime une fois par an lors de sa fameuse Fête de la Tarte à Vache! C'est d'ailleurs lors de sa dernière édition que les ennuis ont commencé pour James Bataille. Il faut dire que le vaillant cascadeur avait accidentellement démoli le Sam Paradiso, le bar de Bosco, le père de Conchia, sa fiancée. Tout ça méritait bien 133 ans de prison! Tandis que la jolie pétroleuse essaye de se consoler dans la musique en tentant de devenir la reine de la country et que son papa lui propose d'organiser un micro crochet dans son bar flambant neuf, James bien décidé à récupérer Conchia, s'évade de prison. Mais voilà, entre une tempête, deux tornades, les tentacules géantes de monstres venus de l'espace, les ennuis d'un copain zombi, les plans lubriques d'un impresario véreux et dix mille autres choses, la route est longue et semée d'embûches pour retrouver sa belle…

Notre critique:

Connaissez-vous la fameuse recette du gloubi-boulga le plat préféré de Casimir le gentil monstre orange? Bon d’accord je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, mais bon pour la faire courte, il faut savoir que le célèbre met se composait de bananes mûres, de confiture de fraise et de chocolat râpé, le tout mélangé avec de la moutarde et des saucisses de Toulouse tièdes. Bref tout plein de bonnes choses comestibles qui mises ensemble peuvent s’avérer fatales et indigestes pour les estomacs les plus fragiles et les moins bien préparés à recevoir cette étrange mixture. Eh bien à mon avis les producteurs de TF1 ont dû avoir l’impression d’avaler un gloubi-boulga géant en se pinçant le nez lorsqu’ils ont visionné pour la première fois ce premier long métrage des frères Poiraud. Certains doivent même encore se demander comment ils ont fait pour injecter plusieurs millions d’euros dans pareille pagaille filmée, soupçonnant les auteurs du méfait, d’abuser de certaines substances illicites et prohibées pendant leurs heures de travail.

A l’origine BD inachevée de Didier Poiraud, ATOMIK CIRCUS est donc devenue sous la caméra déjantée des deux frangins, une drôle de tambouille cinématographique inqualifiable et délirante où se mélangent la comédie potache pour adultes attardée, le film d’aventure aux accents de western « ploukesque » et la série B à la sauce gore teintée de SF, le tout référencé à outrance. Pas fastoche donc de vendre à la ménagère de moins de 50 ans et sa petite famille, un film foutraque et totalement barré, réalisé par deux sales gosses qui semblent avoir pris un malin plaisir à laisser leur imaginaire débridé n’en faire qu’à leur tête. Résultat, pour faire passer ce bidon de nitroglycérine fumant pour un banal baril de lessive, le concept de film surprise semble donc avoir été retenu. Pas de diffusion d’extraits compromettants sur le petit écran, une projection à la presse très tardive (ne permettant pas aux magazines spécialisés de causer du machin dans leur édition estivale déjà bouclée) et enfin pour ne pas effrayer le bon peuple on mise tout sur le come-back de Miss Paradis (fichtrement photogénique) sans oublier de surfer sur le PODIUM du succès d’un Poelvoorde plus que jamais populaire .

Délire bizarroïde aux accents rock’n’roll, si ATOMIK CIRCUS peut dérouter voire dégoûter les rétines les plus conventionnelles, il risque aussi malheureusement de décevoir le spectateur amateur de bonnes grosses doses d’hémoglobine dégoulinante et d’humour noir débile (long à décoller, manquant cruellement de rythme et s’épuisant un peu trop vite en bonnes idées dingues et loufoques). Too much limite indigestion pour les uns, pas assez avec sensation de rester sur sa faim pour les autres, malgré une sympathique brochette d’acteurs qui visiblement se sont amusés comme des petits fous à tourner dans cet OVNI du cinéma français qui bouscule les conventions, pas sûr qu’à l’arrivée ce film de genre(s) arrive à trouver son public. Dommage, tout ça partait pourtant d’une folle intention…

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Journaliste

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