Equipe: Cillian Murphy, Helen Mirren, Lera Abova, Luc Besson, Luke Evans, Sasha Luss
Durée: 119‘
Genre: Film d'action
Date de sortie: 10/07/2019
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Russie, 1985. Moscou. Plusieurs agents faisant partie d'un réseau américain sont arrêtés manu militari. Et la tête de la cheffe du réseau, une américaine, est renvoyée, bien emballée à la CIA...

Notre critique:

Depuis ses débuts, Luc Besson est passé de jeune prodige du cinéma français à réalisateur le plus détesté. Ou presque. Si son cinéma bénéficiait d’une certaine ambition pendant de longues années, il s’est délité petit à petit jusqu’à devenir une grosse caricature de lui-même. Les productions Europacorp sont devenues des blagues à un point tel que les différents éléments présents dans leurs films sont autant de clichés que les clichés eux-mêmes: jolies filles à sauver, gros méchants, courses-poursuites (généralement en Audi), ceci n’est qu’un court aperçu de ce que les films de Besson réservent aux spectateurs.

Bien souvent, la critique cinéma aime parler de film somme quand une œuvre regroupe les principales thématiques et traits de caractères propres à l’art d’un cinéaste. C’est généralement un commentaire positif qui montre à quel point l’œuvre a quelque chose d’assez unique et fort, étant souvent une bonne porte d’entrée pour se lancer dans la filmographie d’un cinéaste. Concernant ANNA, c’est le même principe mais en pire. Si la filmographie de Besson vous donne la gerbe, ANNA va vous achever. C’est hallucinant de voir à quel point rien ne va dans ce film…

Scénaristiquement, c’est léger, faussement complexe. Besson fait d’innombrables retours dans le passé avec 10 000 cartons « 3 ans plus tôt », « 6 jours plus tôt », etc. Cette astuce ne sert qu’à masquer le manque de consistance de l’histoire. D’ailleurs, avec toutes ces tentatives de complexifier le récit, on ne sait presque plus ce que l’on peut dire ou non. En gros, il est question d’Anna (vous ne vous y attendiez pas n’est-ce pas?), jeune fille des rues moscovites qui va être choisie pour intégrer une agence de mannequinat à Paris. A moins qu’elle ne soit agent du KGB? A moins qu’elle ne soit agent de la CIA? Ou rien de tout ça? Héhé, il est malin, le Luc. Forcément, il y aura de la baston, des courses-poursuites et autres. Attention, pour montrer qu’il peut surprendre, Luc n’utilise pas d’Audi mais une Mercedes. Comme quoi, il a encore des ressources pour surprendre, le Luc, héhé.

La mise en scène est d’une platitude sans nom et ce n’est pas le petit sursaut lors de la très sympathique séquence de baston dans un restaurant qui remonte le niveau. Le casting semble tout autant à la peine. Helen Mirren est insupportable en cabotinant comme rarement, Luke Evans et Cilian Murphy font ce qu’ils peuvent. Seule Sasha Luss, déjà au casting de VALERIAN, son premier film, rayonne, laissant apercevoir un potentiel énorme sans jamais pouvoir réellement en profiter.

Pour votre santé mentale, ne vous laissez pas avoir une fois de plus par ce best of du pire du cinéma de Luc Besson. Le jeu n’en vaut certainement pas la chandelle et, si vous vous y risquez, vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenus.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.