Equipe:
Durée: 101‘
Genre:
Date de sortie: 30/03/2004
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Harvey Pekar, sa vie, son oeuvre. En fait c'est la même chose, puisque la seule source d'inspiration de ce scénariste de BD underground américain est sa propre existence: son travail de documentaliste dans un hôpital de Cleveland, sa collec' de disques, son appart' miteux, sa dépression, son mariage difficile, son cancer...

Notre critique:

On l’ignore parfois de ce côté de l’Atlantique, mais la BD américaine ne se limite pas aux exploits de quelques encapés aux pouvoirs extraordinaires; pas plus qu’aux oeuvres underground de Robert Crumb. Il y a aussi American Splendor: 20 ans avant les reality show et la blogmania, Harvey Pekar racontait sa vie formidablement banale en BD. Publiés à partir de 1976 ses albums sont devenus cultes dans les années ’80.

Au départ, il y a la réalité passée en bande dessinée. Shari Springer Berman et Robert Pulcini, les réalisateurs, compliquent encore. On s’éloigne de la simple adaptation pour entrer dans le docu-fiction: le vrai Harvey Pekar commente le film, les acteurs rencontrent les personnages réels qu’ils sont supposés représenter. Documents d’époque se mélangent à leur recréation. La multiplication des mises en abîmes font de la vie de Pekar une véritable épopée de la misère quotidienne.

Dans les années ’80, Pekar était devenu l’icône de la misère dont l’Amérique reaganienne aimait se moquer. Le film reprend le rire, mais laisse la férocité. Avec justesse et émotion, il révèle la tragédie de Pekar, condamné à vivre malheureux pour alimenter son art.

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.