Equipe:
Durée: 104‘
Genre:
Date de sortie: 16/10/2001
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Ainsi donc notre bande de zozos obsédés par la perte de leur pucelage est passée au collège. A la fin de cette première année, force leur est de constater que leurs rêves d'ébats débridés avec de pulpeuses et insatiables collégiennes n'ont pas été concrétisés. Ils comptent donc profiter de leurs vacances pour tenter de rattraper le coup. Jim, Finch, Oz et Kev, flanqués du survolté Stifler, louent une maison au bord d'un lac. Maison qu'ils espèrent transformer en lieu de tous les plaisirs.

Notre critique:

Surfant sur la vague « cul-couille-crotte-je pète-qu’est-ce qu’on rigole » initiée par les frères Farelly (pour lesquels le réalisateur d’AP fut assistant et coproducteur), AMERICAN PIE, premier du nom, réussissait le tour de force d’amasser un maximum de blé avec un minimum de boulot. Le summum de l’inventivité scénaristique consistant à faire subir les derniers outrages à une tarte aux pommes. Les caisses des producteurs et les producteurs eux-mêmes ayant été comblés, forcément une suite se devait d’être mise en chantier. C’est désormais chose faite.
Et alors? C’est aussi bien que le premier? Hein? Hein?
Que dire?…
Ceux qu’un pet ou un rot fait rire, riront. Les autres risquent fort de se sentir fort démuni devant tant de piteuses pitreries. Tous les gags tapent en dessous de la ceinture sauf un (celui de la lampe brisée) qui est sûrement le plus drôle. Pour tous les autres, il s’agit de gags tendance scato dont la chute est mille fois prévisible, comme celui de la trompette dont l’embout s’est retrouvé à un endroit que la décence m’interdit d’expliciter plus avant et dans lequel un surveillant s’amuse à souffler (je parle de l’embout, bien sûr!).
En fait, le seul intérêt d’AP2 tient dans ses acteurs parmi les quels on peut s’amuser à parier sur les talents de demain. Je ne parle pas ici des talents plastiques de Mena Suvari ou Tara Reid qui feront toujours baver le mâle lambda. Non , je parle de vrais talents d’acteur, d’autant plus difficiles à dénicher que l’environnement général proposé par le film n’est pas le plus propice à leur épanouissement. Pourtant, chiche qu’Eddie Kaye Thomas (Finch), Alyson Hannigan (si elle quitte un jour la série Buffy) ou même Sean William Scott (Stifler) recevront un jour vos applaudissements. Seuls ces trois-là jouent et s’amusent avec leur personnage, leur donnant un minimum de couleur ce qui rend leurs gags supportables, voir même comiques. Certes, c’est peu mais vu le contexte…

Mais ne jouons pas plus que cela les vierges effarouchées. Pour affligeant que soit ce type de film, il faut avouer que le phénomène n’est pas nouveau. Dans les années 80, nous avons eu droit à deux, trois PORKY’S particulièrement consternant. La série des POLICE ACADEMY ne brillait pas par un niveau de raffinement élevé. De même en France, on s’est tapé sur les cuisses durant les années 70 avec des bidasseries plus navrantes les unes que les autres. Cela faisait longtemps que le mauvais goût n’avait plus eu son heure de gloire, voilà donc un oubli réparé. On regrettera de ne pas voir poindre derrière les bêtises fessues de nos potaches quelque critique acerbe de notre mode de vie ou de nos valeurs mais n’est pas John Waters (PINK FLAMINGOS, CRY BABY, CECIL B. DEMENTED) qui veut. Le mauvais goût d’aujourd’hui ne trouve à s’exprimer que par le contenu du caleçon ou de la petite culotte. Le rire est gras et laisse des lourdeurs sur l’estomac. Pour résumer, après AP2, on est bon pour une Renny, en suppositoire, bien sûr. Mais, a priori, rien ne nous oblige à nous rendre dans la salle.

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Journaliste