Equipe:
Durée: 130‘
Genre:
Date de sortie: 05/03/2002
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Notre critique:

AMEN est avant tout un témoignage sur l’horreur d’une Histoire qui n’aurait jamais dû avoir lieu, l’horreur de la mise en marche d’un processus inéluctable… Mais au-delà du témoignage, Costa-Gavras, (Z, L’AVEU) en adaptant Le Vicaire de Rolf Hochhuth, attaque l’indifférence dans laquelle a baigné toute une partie de l’Histoire. Il montre comment des hommes, des confréries, des chefs d’état et de religion ont refusé de voir la vérité en face, comment, par leur silence, ils sont devenus complices des monstruosités nazies.

Fustigée à juste titre tout au long du récit, l’Eglise Catholique a bien sûr réagi immédiatement en dénonçant l’affiche du film au travers de mouvements ultra-catholiques. Et l’on voit, dans cette réaction que, 50 ans après, c’est toujours un manque de compréhension et d’ouverture qui caractérise hélas les mouvements chrétiens dans leur ensemble.
Pour illustrer son propos, Costa-Gavras a merveilleusement choisi ses deux personnages clés: un SS et un jésuite. Le premier, protestant, pris entre devoir et religion, va s’insinuer dans les rouages de la mécanique tortionnaire pour mieux témoigner. La relation ambiguë qu’il va entretenir toutes ses années avec le pouvoir politique et militaire fera qu’il sera balayé comme un fétu de paille au sortir de la guerre. Le second, ancré dans les hautes sphères religieuses de par son père, brisera les chaînes de la religion indifférente pour mieux faire son chemin de croix en compagnie de l’horrible vérité. Unis dans leur combat, ce sont ces hommes-là qui paieront de leur vie leur courage tandis que l’Eglise continuait à se préoccuper des taxes qu’elle percevait sur les nazis.

Décors et mise en scène sont volontairement théâtraux, renforçant ainsi l’aspect témoignage des hommes, appuyant aussi la vérité transparaissant dans les traits de leurs visages. Kassovitz a juste ce petit quelque chose de naif et de pétillant dans les yeux, de rebelle et d’angélique qui donne à son personnage toute la fougue de son combat. Quant à Ulrich Tukur, il imprègne son personnage de lieutenant SS d’une peur omniprésente, de l’horreur qu’il vit chaque jour et de la pression immense qu’il subit dans sa lutte. Ils sont tous deux tellement présents qu’ils ne font que renforcer le sentiment d’impuissance de leur révolte.

A voir pour se rappeler que l’indifférence peut être une forme de complicité!

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...