Equipe:
Durée: 93‘
Genre: Thriller
Date de sortie: 11/11/2014
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Après une séparation difficile avec son ex, Gloria se retrouve mère célibataire de deux enfants. Avec sa copine Madeleine, elle regarde les sites de rencontre pour chercher un homme fiable qui pourrait partager sa vie. Alors qu’elle flashe un peu sur un certain Michel,sa copie lui prend directement un rendez-vous avec ce dernier...

Notre critique:

Pour son quatrième long métrage de fiction, ALLELUIA, tout juste après COLT 45, Fabrice Du Welz reprend du service dans la veine de son CALVAIRE. Car bien qu’il ne quitte pas vraiment le cinéma de genre, on peut rapprocher son premier et son dernier long en l’occurrence, qui explorent tous les deux la difficulté d’être aimé au travers d’un récit tourné vers l’horreur, la folie et la cruauté. Et ce n’est probablement pas un hasard d’ailleurs si la femme perdue de Bartel dans CALVAIRE s’appelle Gloria…
Librement inspiré d’un fait divers qui a bouleversé une partie de l’Amérique dans la fin des années 40, dans lequel Raymond Fernandez et Martha Beck (surnommés les Lonely Hearts Killers) ont tué plus de 20 femmes, ALLELUIA est un film d’amour brutal qui réunit deux êtres en marge complète de la société, deux êtres qui vont plonger dans le meurtre simplement parce qu’il est le prolongement inévitable d’une relation passionnelle.
Avec la caméra très proche des protagonistes, Fabrice Du Welz nous colle littéralement à ses personnages renforçant l’horreur et la cruauté qui se dégage du récit mais aussi l’amour violent qui existe entre eux deux. Du Welz retrouve ici Laurent Lucas (qui avait joué le rôle de Marc dans CALVAIRE), superbe comme d’habitude dans des rôles ambigus à souhait (HARRY UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN, LEMMING) et nous propose Lola Duenas, une actrice espagnole aussi à l’aise chez Almodovar (VOLVER, HABLE CON ELLA) que chez Amenabar (MAR ADENTRO), dans le rôle d’une Gloria saisissante de jalousie et de passion.
Les deux très belles compositions des deux acteurs principaux et la rage bien maîtrisé d’un Du Welz lorsqu’il filme un cinéma qui, on le sent, lui tient particulièrement à coeur, font de ALLELUIA un film à voir, avec ses défauts et ses qualités, pour les amateurs de cinéma de genre.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...