Equipe:
Durée: 103‘
Genre: Drame
Date de sortie: 05/05/2015
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le Rif, Nord du Maroc en 1975. Hamid pousse sa soeur, veuve avec un enfant, Amar, à partir en Belgique pour gagner de l’argent. Mais celle-ci refuse d’abandonner son fils et de le laisser dans les mains de cet oncle qui n’a que faire de s’encombrer d’un gamin.

Notre critique:

Premier long métrage de Mohamed Amin Benamraoui, un marocain qui a suivi des cours de cinéma en Belgique, ADIOS CARMEN est un film à la mise en scène plutôt brute, sans fioritures, qui va droit au but et au sens premier de son récit.
Mais cette simplicité dans la mise en scène ne se fait ni aux dépends des personnages, riches et complexes, ni aux dépends d’une histoire lourde de sens. Car si l’histoire d’Amar est le centre du film, c’est aussi l’histoire politique des rapports entre le Maroc et l’Espagne qui est mise en évidence durant les 1h40 de film. Aux rapports tendus et presque racistes entre Carmen, une espagnole immigrée au Maroc, et le reste de la population fait écho la lutte pour le retour du Sahara aux mains des marocains (La Marche Verte).
Et très subtilement, sans avoir l’air de rien, les sous histoires s’accumulent et s’imbriquent: le pédophile notoire devant le cinéma, l’amour contrarié de Hamid pour Carmen ou encore Carmen amoureuse de Moussa… Chacune d’entre elles rendant un peu plus crédible ce récit presque en forme de documentaire historique.
L’éveil des sens de Amar se fera dans ce bouillon de culture, de politique et de drame qui formera plus tard l’adulte qu’il deviendra.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...