Titre français: La belle et la meute

Equipe: Ghanem Zrelli, Kaouther Ben Hania, Khaled Walid Barsaoui, Mariam Al Ferjani, Noomen Hamda
Durée: 100‘
Genre: Drame
Date de sortie: 10/01/2018
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Tunisie. Lors d’une soirée, dans les toilettes des femmes, Nayla amène à sa copine Mariam qui a déchiré sa robe une nouvelle robe qui ressemble plus à une nuisette qu’à une robe de soirée. Malgré ce vêtement un peu provocant, Mariam retourne dans la soirée où elle rencontre Youssef, un jeune homme séduisant avec qui elle quitte la soirée...

Notre critique:

Inspiré d’une histoire vraie, AALA KAF IFRIT (La belle et la meute) est un témoignage sans concessions sur le patriarcat tunisien actuel. Un coup de poing qui commence banalement: une jeune fille sort d’une boite de nuit avec un jeune homme qu’elle vient de rencontrer et se fait agresser. Pas de voyeurisme puisque l’agression n’est pas montrée, ce qui est bien plus fort et bien plus intéressant scénaristiquement.

Pour nous conter l’histoire terrible de Mariam à la recherche de sa dignité et du respect de ses droits, les deux réalisateurs découpent le film en différents lieux, différentes scènes (la soirée, à l’extérieur de la boite de nuit, l’hôpital publique et le poste de police). Ce découpage va permettre aussi peu à peu d’apprendre ce qui s’est passé et de recoller les pièces de puzzle qui ont mené Mariam dans cette impasse où le manque d’empathie à son égard touche même les femmes qu’elle rencontre.

Sur la forme, AALA KAF IFRIT (La belle et la meute) joue presque la carte d’une pièce de théâtre avec des lieux et un nombre de protagonistes bien délimités, mais se permet aussi un côté un peu documentaire, très analytique et démonstratif qui réussit à renforcer le propos.

Dans cette Tunisie sur fond de révolution, LA BELLE ET LA MEUTE est un coup de poing qui démonte les mécanismes du doute face à une agression à l’encontre d’une femme, mécanismes exacerbés dans une Tunisie machiste et religieuse qui condamne par avance une femme dans une tenue légère et aguichante.

Alors même si l’émotion est parfois un peu trop mise à distance dans cette démonstration sans concessions, AALA KAF IFRIT (La belle et la meute) vaut le déplacement et suscitera sans aucun doute la réflexion ainsi que la discussion, discussion qui peut certainement faire évoluer les choses que ce soit chez nous ou dans d’autres pays.

Vous aimerez peut-être:

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...