Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 10/06/2003
Cotation: o (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

Le look "Barbie Girl" de la racine du brushing aux ongles de pieds, depuis toute petite Donna Jensen n'a qu'une idée en tête, devenir hôtesse de l'air sur un vol de première classe. Oui mais voilà lorsqu'on est originaire d'un bled du fin fond du Nevada et que les seules perspectives d'avenir qui s'offrent à vous sont de terminer vendeuse au supermarché du coin et de passer ses dimanches déguisée en pom-pom girl sur le bord du terrain de foot, les possibilités d'avoir le bas en haut et les fesses en l'air se trouvent du coup quelque peu limitées. Heureusement, la lecture de la biographie de Sally Weston, une hôtesse de l'air à succès, va réveiller le vieux rêve de Donna. Bien décidée à embrasser la même carrière glamour que son idole, sourire ultra-brite dehors, elle prend la poudre d'escampette et se fait engager par une minable compagnie aérienne du coin avant de s'inscrire à la prestigieuse école de la Royalty Airlines. Mais le chemin qui doit la mener au succès n'est pas sans embûches et Donna va rencontrer plus de zones de turbulences qu'elle ne s'y attendait.

Je sais bien que la saison est propice aux voyages, à l’évasion et à l’envie de décompresser pour oublier les soucis accumulés tout au long de l’année. Mais bon, impératifs professionnels, restrictions budgétaires, crise du transport aérien et augmentations de leurs tarifs font parfois que l’on ne prend pas le premier vol pour là où on rêverait d’aller recharger les accus. Est-ce pour autant une bonne raison en guise d’ersatz d’acheter un billet pour vous embarquer dans cette comédie sirupeuse et guimauve à souhait aussi consistante et savoureuse qu’un plateau repas de classe éco sur charter au bord de la faillite. Bref, un rapide coup d’œil sur l’aspect et l’emballage vous suffit pour savoir immédiatement à quoi vous en tenir.

Avec son affiche aux couleurs pétantes (sensée nous interpeller sur l’aspect fun de la chose) parsemée de jolies bimbo toutes dents dehors et court vêtues (faut bien cibler son public), agrémentée de deux ou trois valises et d’un gros avion qui pointe son nez (on plante le décor), A VIEW FROM THE TOP nous ressert pour la cent millième fois le bon vieux couplet du rêve américain version fable aérienne spéciale filles. Comme d’hab’ les bonnes fées ne se sont évidemment pas penchées sur le berceau de la pauvre héroïne qui bien entendu est bourrée de plein de bonne volonté et de persévérance pour concrétiser son rêve de petite fille. Vous l’auriez deviné, pour y arriver elle va devoir traverser tout plein de dures épreuves et de vilaines embûches, bien sûr sans jamais se laisser abattre car elle y croit et ne baisse jamais les bras.

Vous l’aurez compris, que ce soit dans le scénario, la réalisation ou le jeu des acteurs, ce film n’est rien d’autre qu’un pur produit made in USA insipide et formaté qui vient malheureusement se crasher une fois de plus sur nos écrans. Pour nous vendre le tout, Gwyneth Paltrow a beau se trémousser en bikini rose et Mike Myers loucher à outrance dans une mauvaise parodie à la Jerry Lewis, la seule chose qu’ils nous donnent envie de décoller, ce sont uniquement nos fesses du fauteuil pour se sauver loin, très loin de tout ça.

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Journaliste

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