Equipe:
Durée: 117‘
Genre:
Date de sortie: 08/09/1998
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le jour de son mariage, France disparaît sans donner une explication. Son fiancé envoie un de ses amis - détective privé - à sa recherche, avec pour mission de la retrouver mais également d'en apprendre un peu plus sur sa véritable personnalité.

Notre critique:

La déception des dix dernière minutes du film tournée en vidéo à New York une fois digérée, il faut reconnaître que Laetitia Masson nous livre une oeuvre déroutante. Avec un regard à la fois noir, lucide et pudique, elle décrit un univers où l’amour est un sentiment douloureux.

Trois ans après En avoir (ou pas), la réalisatrice retrouve Sandrine Kimberlain pour incarner son héroine. Les liens qui les unissent sont d’une évidence troublante. Toutes deux nous entraînent dans un road movie sentimental teinté de flash back. Elles esquissent le portrait d’une femme écorchée qui vend son amour pour éviter de devenir esclave de son désir. C’est avec une belle maîtrise que Laetitia Masson filme cette fuite désepérée et évite avec intelligence les clichés habituels. Son deuxième film est un tour de force démontrant que le cinéma français n’est pas en manque d’imagination (comme certains le pensent).

Bouleversante de sincérité, Sandrine Kimberlain se jette sans retenue dans la tourmente qui habite son personnage. Généreuse et mystérieuse, elle effectue un travail saisissant, confirmant l’étendue de son talent.

A côté d’elle, Sergio Castellitto combine légèreté et souffrance, il est tout à fait déstabilisant. Il incarne un privé qui, abandonné par sa femme, erre à la recherche d’une nouvelle identité. Il apporte à ce detective tout en retrait force et gravité.

Au travers son regard, on suit une double évolution : d’une part la construction d’une France en perdition et de l’autre la restauration d’un homme s’interdisant tout sentiment.

Le chasseur et sa proie ne croient plus à l’amour et refusent le bonheur avec pour seule devise : « ne plus s’attacher pour ne plus souffrir ».

A vendre est un film choc qui au détour de rencontres et d’instants de vie(s) livre une vision sans concession sur la liberté, la solitude et le destin.

Mais surtout, il y avait longtemps que l’on n’avait plus parlé d’amour avec autant de rage et de sensibilité.

Une réussite.

A propos de l'auteur

Journaliste