Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 15/07/2003
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

"Chez Roger", un petit bar populaire de St Ouen, coincé de l'autre côté du périphérique parisien. Comme tous les jours à l'heure de l'apéro, il y a de l'effervescence autour du comptoir, La Trompette, Le Moqueur, L'Enclume, ils sont tous là. Entre deux verres et une partie de cartes, ils s'échangent les combines, refont le monde et préparent les coups souvent foireux. Mais aujourd'hui c'est un jour spécial, ils attendent tous avec impatience le retour de Jacques qui vient de passer cinq ans à l'ombre derrière les barreaux. Plus jamais, il se l'est juré, il ne remettra les pieds à la "ratière". Oui mais voilà Francis son vieux pote rêveur et Didier le jeune chien fou de la bande, n'attendaient que lui pour lui proposer un nouveau plan qui peut leur rapporter beaucoup d'argent mais aussi leur coûter très cher.

 

Notre critique:

Un zinc de banlieue parisienne, sa faune de petits malfrats à l’argot bien tourné, quelques magouilles qui riment avec débrouille et pour intrigue principale l’histoire d’un vieux taulard qui ne veut plus replonger. Dès le générique la couleur semble annoncée et le ton pour ainsi dire donné: Une pincée d’Audiard pour le verbe croustillant et les personnages typés, un zeste de Becker et une touche de Giovanni pour l’amitié virile et la thématique choisie; la crainte de voir sortir de la naphtaline les fantômes de Ventura, Gabin ou Blier dans un remake cliché du bon vieux film de genre n’est pas très loin et forcément rend méfiant.

Et puis non, au fur et à mesure que s’égrènent et défilent les heures et les jours de cette PETITE SEMAINE, les sentiments et les faiblesses de cette bande de faux durs se dévoilent, l’intrigue de polar fait place à la chronique sociale et l’air de rien avec humanité et justesse la peinture de ce petit monde attachant devient moins anecdotique qu’elle n’en avait d’abord l’air. Pour son second long métrage Sam Karmann (KENNEDY ET MOI) filme avec le coeur le résultat de sa rencontre avec Désir Carré (co-scénariste et acteur) lui même ex-taulard sauvé par le théâtre et sa rencontre avec Jean-Pierre Bacri. Derrière les trois piliers de cette comédie de moeurs, il y a beaucoup de lui, son ancien univers, ses rêves et ses angoisses.

Malgré l’handicap d’un sujet guère original et parfois convenu, A LA PETITE SEMAINE avec élégance et modestie nous offre une impression de naturel et de proximité qui doit beaucoup à son impeccable direction d’acteurs. Que ce soit le formidable trio formé par Lanvin, Gamblin ou Cornillac ou la jolie brochette de seconds rôles, tous sonnent justes et ont une épaisseur qui leur permet d’exister dès les premières scènes. Tendres et touchants, avec dérision et sans prétention ils donnent corps à ce film mi-drôle, mi-grave et fait de tous petits riens. Ce n’est peut-être pas grand chose me direz-vous, oui mais c’est simple et généreux et par les temps qui courent c’est déjà beaucoup.

 

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Journaliste

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