Equipe:
Durée: 89‘
Genre: Comédie
Date de sortie: 28/06/2005
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sylvia et Vaughn ont des problèmes avec leur fille Caprice. Cette dernière, dotée de glandes mammaires dignes d'une héroïne d'un film de Russ Meyer, se produit dans des bars à strip-tease. Accro au sexe, Caprice est maintenue enfermée par ses parents pour qu'elle ne puisse s'exhiber dans le quartier très puritain de Harford Road. Si Vaughn n'est pas désintéressé par le sexe, Sylvia, quant à elle, est complètement coincée. Mais voilà que, lors d'un accident, un coup sur la tête transforme Sylvia en véritable furie sexuelle...

Notre critique:

Mais où est donc le John Waters, pape du mauvais goût, de FEMALE TROUBLE, de HAIRSPRAY, le satiriste invétéré de CRY BABY? S’est-il assagit avec l’âge ou plutôt s’est-il vu dépasser par le véritable mauvais goût ambiant de ces dernières années? Plus que probablement, car d’une certaine façon, A DIRTY SHAME n’est que l’ombre d’un film de John Waters.

Bien sûr, on y retrouve toute sa verve de dialoguiste à double sens, ses critiques fondamentales de la société américaine puritaine mais il ne parvient pas à faire de son petit coin résidentiel de Harford Road le vrai centre de combat entre le délire sexuel et le puritanisme exacerbé. On se croirait parfois entre un SHIVERS (le film de David Cronenberg où un parasite communique une furie sexuelle aux humains parasités) et un ZOMBIE revisités par Waters.

Et bien sûr, comme à son habitude, Waters parvient à amener des interprètes inattendus dans ses films: cette fois-ci c’est Chris Isaak qui s’y colle en jouant le rôle mi-figue mi-raisin de Vaughn, le mari d’une Tracey Ullman particulièrement déjantée qui se débat comme une diablesse dans son rôle de nympho!

Si elle reste très explicite dans ses propos, sa satire n’en demeure pas moins au second plan tant il ne parvient jamais à prendre réellement parti ou à être suffisamment impliqué dans son sujet. C’est dommage car cette fable qui traite les ‘sex addicts’ comme des alcooliques aurait pu frapper fort et amener à réfléchir sur le sujet en provoquant le spectateur moyen…

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...