Equipe: Gérard Depardieu
Durée: 110‘
Genre: Drame policier
Date de sortie: 07/12/2004
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Eddy Valence, membre de la BRI (Brigade de recherche et d'intervention), fête sa mutation sous les applaudissements de ses collègues et de son chef Léo Vrincks. Pendant ce temps, un gang de braqueurs attaque une nouvelle fois et avec une rare violence un fourgon blindé. Le directeur de la police judiciaire, asticoté par le ministre, met sous pression Denis Klein de la BRB (brigade de répression du banditisme) et Léo Vrincks de la BRI pour qu'ils arrêtent rapidement les voyous. Celui des deux qui réussira deviendra chef de la PJ...

Notre critique:

Olivier Marchal, ancien de la SRPJ, a choisi sa voie alors qu’il était encore officier de police. A cette époque, il prenait déjà des cours d’art dramatique, avant de devenir ensuite un des scénaristes de la série Commissaire Moulin et puis de passer derrière la caméra avec GANGSTERS. Vu son passé, il est donc difficile de dire qu’il ne connaît pas son sujet.

Et avec ce 36 QUAI DES ORFEVRES, il a intérêt à bien le connaître puisqu’il mélange habilement une série de faits réels pour constituer une fiction très réaliste et très sombre du combat des polices entre elles. Si la police est une grande famille, elle a des frères et soeurs qui ne s’entendent pas toujours très bien… Olivier Marchal compose donc un récit fait d’une suite d’histoires personnelles boursouflées de vengeance sous toutes ses formes. Et pour qu’il y ait vengeance, il faut qu’il y ait amitiés, or les amitiés dans le milieu sont aussi fortes que les haines qui les minent, ce qui donne un film où les vengeances sont fortes et sans failles.

Mais 36 QUAI DES ORFEVRES, c’est aussi une véritable descente aux enfers du personnage d’Auteuil qui parvient pourtant à survivre sans se tirer une balle dans la tête. Et même si peu à peu, la trame du film se resserre autour d’une seule issue: l’auto-vengeance; c’est le destin (avec un petit coup de pouce) qui frappera à sa place pour remplacer une justice présentée comme inefficace et faite de compromis.

Après une longue suite de rôles plutôt comiques dans des films grand public, Gérard Depardieu revient enfin à un rôle dramatique et surtout à un rôle de pourri intégral face à un Daniel Auteuil plutôt ambigu. C’est d’ailleurs une des forces indéniables des personnages du film: personne n’est noir ou blanc. Quoi de plus normal que la police, en fréquentant les truands chaque jour, attrape parfois des méthodes un peu extrêmes…

Film noir, violent et cru, servi par une palette d’acteurs très convaincants, 36 QUAI DES ORFEVRES est un film solide, à l’ancienne, et qui mérite le détour. Seule ombre au tableau, la musique omniprésente, souvent en surimpression des paroles des protagonistes, est de ce fait de temps en temps un peu agaçante.

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A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...