Titre français: Destination: Graceland

Equipe:
Durée: 125‘
Genre:
Date de sortie: 14/08/2001
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

L'International Elvis Week de Las Vegas est le rendez-vous favori des imitateurs d'Elvis Presley, vêtus et coiffés à la manière du King. Mais cinq «Elvis», armés jusqu'aux dents, pénètrent ce soir-là dans l'hôtel-casino...
Le cerveau de cette petite bande de braqueurs est Michael, un ancien détenu qui a minutieusement orchestré le coup avec son compagnon de cellule, Murphy, un dangereux psychopathe qui se croit le fils naturel du King. Le hold-up tourne au massacre, mais les cinq gangsters parviennent à s'échapper, emportant avec eux 3,2 millions de dollars. Evidemment tout va tourner au vinaigre...

Notre critique:

Le deuxième long métrage de Demian Lichtenstein (LOWBALL) est un grand film malade, bancal, totalement prisonnier de ses influences et des modes que subit ce qu’on appelle communément le septième art. Et à vouloir trop en faire, le metteur en scène s’éparpille dans des chemins de traverse qui font simultanément prendre à sa fiction des directions opposées.

Oui, 3000 MILES TO GRACELAND est un truc qui ne va pas bien. C’est un bazar que l’on sent complètement engoncé, coincé dans un canevas beaucoup trop étroit pour toutes les bribes d’idées et de scénarii qu’il contient. Il y a beaucoup trop de concepts disparates qui se croisent, s’entremêlent et font partir le film en c%#$*…

Ça commence comme du Tarantino, ça flingue comme du MATRIX, ça papote comme du soap-télé-us, ça veut jouer les filous comme COHEN AND TATE, c’est méchant comme PAYBACK… soit un casse sanglant, un règlement de comptes, une femme qui s’empare du pognon et veut jouer dans la cour des grands, un enfant jeté en plein milieu de l’intrigue comme gage d’humour, un mauvais-méchant-pas-gentil-du-tout qui a la fâcheuse tendance à vous faire sauter le melon avant d’utiliser ce qui lui sert de boîte à réfléchir… C’est… trop et pas assez. Là, résident les faiblesses d’une histoire victime de la mode. Autre symptôme tout aussi éloquent, la mise en scène pure. Demian Lichtenstein se repose intégralement sur ses monteurs Michael J.Duthe et Milos Wright et sur ses effets sonores pour muscler ses séquences d’action. A force de trop se couvrir (on ne peut dénombrer la quantité de plans mis en réserve pour le casse), le metteur en scène laisse parler le montage plus que la réalisation de ce fils de clips et de pubs. Mais malgré tout, les bougres parviennent à finaliser une séquence de flinguage fort appréciable; en regard de laquelle le reste fait quelque peu grise mine.

Comme si cela ne suffisait pas, Demian se permet d’effacer précipitamment de l’écran quelques seconds couteaux qui auraient pu faire crépiter un peu plus l’intrigue. Heureusement, on se réjouit de la performance de Kevin Costner qui s’avère être une crapule finie assez croquignolesque. Kurt Russel s’appuie sur sa belle gueule et Courtney Cox ressasse quelques gimmicks très Friends, point à la ligne!

3000 MILES TO GRACELAND est pourtant à voir. Parce qu’au-delà de ses ratés, il est totalement représentatif d’une des crises que vivent le cinéma américain, ses auteurs et intervenants, qui à force de ne pas vouloir prendre (trop) de risques en s’asseyant sur un amas de recettes qui ont fait leur preuve (principalement ici des influences non digérées), existent péniblement sans pouvoir revendiquer leur propre identité…

A propos de l'auteur

Journaliste