Equipe:
Durée: 105‘
Genre:
Date de sortie: 04/02/2003
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Au début du XXe siècle, dans un casino de la Riviera, Marie Collins-Brown, une aristocrate en plein veuvage, fait la rencontre d'Anton un jeune et bel officier flambeur saisi par le démon du jeu. Avec lui elle va vivre les 24 heures les plus intenses et insensées de sa vie, en tentant de le sauver de son vice autodestructeur. Vingt ans plus tard, elle raconte cette histoire à Louis, un adolescent révolté par la conduite de sa mère qui vient de disparaître avec un jeune amant.
A l'aube du troisième millénaire, Louis est désormais un vieil homme désabusé qui sent que sa fin est proche. Revenu sur les lieux de cette histoire pour retrouver les fantômes du passé, il fait par hasard la rencontre d'Olivia, une jeune fille un peu paumée, à qui il décide de confier son secret trop longtemps gardé.

Notre critique:

Les férus de littérature seront sans doute surpris et inquiets de voir l’une des plus célèbres nouvelles de Stefan Zweig une fois de plus adaptée à l’écran. Histoire de passion et de folie amoureuse universelle et intemporelle, 24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME est une oeuvre ambitieuse qui ne se laisse pas mettre facilement en images tant les écrits et ellipses de son auteur sont complexes et subtiles. Epaulé dans ce pari improbable et risqué par le talentueux scénariste Gilles Taurand (HOTEL DES AMERIQUES, LES ROSEAUX SAUVAGES, NETTOYAGE A SEC…), Laurent Bouhnik (ZONZON) que l’on attendait certainement pas dans ce registre, tout en gardant les éléments essentiels de l’histoire originale se déroulant sur deux périodes (le début du XXe siècle et les années 30), a choisi d’introduire dans son film un nouveau volet de narration plus contemporain.

A la folle passion de cette femme de la haute société britannique qui se perd pour sauver un homme du jeu et au récit qu’elle en fait bien plus tard à un jeune adolescent désemparé, il fait le choix d’imaginer un épisode supplémentaire ouvrant et fermant son film et censé éclairer le spectateur sur l’actualité des thèmes abordés et l’aider à naviguer d’une époque à l’autre plus facilement. Et pour ceux dont le sens de l’orientation et de l’observation ne seraient pas le fort, il enfonce le clou en réservant un traitement particulier à la musique et à la photographie pour chaque histoire, chaque année se voyant assignée à une couleur, une tonalité et une lumière, différentes.

Si il n’y a rien à redire ou presque sur les décors, les costumes (dessinés par le dessinateur italien de BD Liberatore) et la reconstitution du lustre désuet et du charme élégant de le Côte d’Azur d’antan et de la Belle Epoque, l’ajout « moderne » de l’étrange nuit entre l’adolescent devenu vieillard et la jeune fille, plutôt hors sujet et à la limite du vulgaire, file paradoxalement un sacré coup de vieux aux flash-back. Bancal et maladroit, pas franchement nécessaire et de mauvais goût, ce « coup de jeune » alourdit et étouffe le film, rompant l’ambiance nostalgique et langoureuse qui aurait pu s’en dégager. Reste le choix d’Agnès Jaoui, captivante et étonnante en grande héroïne romantique pour sauver le tout.

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Journaliste

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