Equipe:
Durée: 127‘
Genre: Drame psychologique
Date de sortie: 14/12/2004
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dans le futur. La terre n'est plus qu'un gigantesque réseau ferroviaire. Et les trains vont tous à 2046, une gigantesque mégalopole. Tout le monde va à 2046 mais personne n'en revient... Personne sauf le conteur de cette histoire.

Notre critique:

Après un accouchement long et difficile dû au côté perfectionniste de son réalisateur Wong Kar Wai, un passage au Festival de Cannes plutôt acrobatique (le montage du film n’était pas complètement fini), 2046 arrive enfin sur nos écrans, remonté et terminé. Suite au succès critique et public de IN THE MOOD FOR MOVE, ou à celui plus discret de son excellent HAPPY TOGETHER, Wong Kar Wai se devait de se surpasser en livrant, et c’était-là la gageure, à la fois un film dans la même veine et original malgré tout, ou alors un film fondamentalement différent afin de nous surprendre une fois encore. Il semble qu’il ait choisi la première option…

Pour cette fois, à nouveau, le scénariste-réalisateur s’élance dans les méandres non pas d’une mais de multiples histoires d’amour. Il égrène tout au long de son film un collier de perles d’histoires d’amour: lorsque l’une se termine une autre commence… Et tout commence en 1964 lorsqu’un homme, un écrivain, perd son amour de toujours et se retrouve en pigiste et roi du flirt à Honk Kong. C’est lorsqu’il retrouvera une de ses anciennes connaissances et qu’il la raccompagnera dans sa chambre, la 2046, que le long voyage du souvenir commencera en même temps que l’écriture de son roman, 2046.

Dans cette histoire d’amour et d’atmosphère à la musique omniprésente, chaque image est une composition graphique dans laquelle la balance des couleurs, des objets et des personnages est en équilibre. Et ce n’est pas pour rien que, souvent, les personnages se retrouvent dans un cadre (le cadre d’une porte, celui d’un miroir, d’une fenêtre, etc). Mais dans ce jeu de l’amour où ils aiment à jouer dangereusement avec les sentiments de l’un et de l’autre, le spectateur se fait explorateur des formes différentes que peut prendre l’amour: passion, flirt, platonique, romance, … Et la référence à 2046, simple prétexte à une science-fiction de bazar, sert surtout à faire du train vers 2046 celui des souvenirs perdus, ceux dont on ne revient jamais.

Si globalement on sort envoûté de ce 2046, le spectateur cinéphile finira probablement par être agacé par les tics appuyés de Wong Kar Wai qui, d’une certaine façon, nous sert la même chose que dans IN THE MOOD FOR LOVE avec, en plus, un certain narcissisme appuyé sur sa propre oeuvre. Il est temps qu’il change de sujet avant de nous lasser…

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...