Equipe: Colin Firth, Daniel Mays, Dean-Charles Chapman, George MacKay, Krysty Wilson-Cairns, Sam Mendes
Durée: 119‘
Genre: Drame de guerre
Date de sortie: 08/01/2020
Cotation: **** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

6 avril 1917. Une compagnie au repos bivouaque en plein campagne. Il n’y a pas grand-chose à manger et l’environnement des tranchées est très difficile...

Notre critique:

Dès le début de 1917, le spectateur comprend qu’il va suivre une expérience inhabituelle. La caméra prend presque en otage deux des protagonistes et ne les quittera plus durant toute la durée du film (près de 2h) dans un (faux) unique plan séquence.

Et c’est à Sam Mendès que l’on doit cette virtuosité de mise en scène. En 7 films, cet anglais s’est imposé comme un vrai maître en la matière. Il avait commencé en 1999 avec AMERICAN BEAUTY et a fini en 2015 avec SPECTRE, son deuxième James Bond après SKYFALL, dont l’accueil publique avait été (à juste titre, sans que la mise en scène soit en cause) nettement moins bon.

Ce n’est pas non plus son premier film de guerre puisqu’il avait livré un JARHEAD très intéressant sur la guerre du Golf et ses conséquences psychologiques. Sam Mendès était donc clairement l’homme de la situation pour raconter en images l’histoire de ces deux hommes qui doivent porter un message au travers des lignes ennemies, message qui devrait sauver des centaines de vie.

Mais au-delà de la brillante construction cinématographique et au-delà d’un script très linéaire, 1917 parvient à faire passer une émotion prenante et continue tout au long de sa narration. Parsemant le récit de petits et de grands événements qui dynamisent la linéarité due à la forme, Mendès et l’autre scénariste, Krysty Wilson-Cairns, réussissent le pari un peu fou de générer une émotion qui emporte le spectateur tout en distillant un message dénonciateur d’une guerre absurde.

La mise en scène seule ne suffit bien sûr pas à faire un film. Dans 1917, la prestation des acteurs, et notamment des deux protagonistes principaux, est évidemment très importante et donne vie véritablement au scénario et à la mise en scène. Dean-Charles Chapman (Tommen Baratheon dans GoT) est Blake, l’homme qui veut sauver son frère et apporter à tout prix le message au-delà des lignes ennemies. Et George MacKay est son copain Schofield qui va le suivre dans sa galère. Tous les deux sont de presque tous les plans et font passer la tension de leur rôle avec une grande force.

1917 avec sa photo magnifique, signée Roger Deakins, et le score de Thomas Newman, est un choc visuel incontestable qui marque d’une pierre blanche le début de cette année cinématographique 2020. A voir toutes affaires cessantes…

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...