12 avril 2025. 16h. La salle Ciné 1 du BIFFF au palais 10 du Heysel s’échauffe lentement. Il y a du monde mais peut-être un peu moins que ce que l’on aurait pu imaginer. Il faut dire qu’il fait 24 degrés dehors avec un soleil qui ferait pâlir d’envie un marseillais sirotant son pastis sur le vieux port.
L’invité du jour, Danny Boyle, vient de terminer son tour d’interviews et une table ronde avec une dizaine de journalistes. Il est chaud bouillant pour répondre aux questions (pertinentes) de notre confrère journaliste Ruben Nollet.
Mais avant cela, une autre épreuve l’attends. Il va être fait chevalier de l’ordre du Corbeau. Une confrérie secrète qui réunit quelques-uns des prestigieux visiteurs du BIFFF depuis toutes ces années. Le temps de s’agenouiller et d’être adoubé et désormais, c’est chevalier Danny Boyle que nous parlerons.

Ceci étant fait, les 2 heures qui suivent étaient déjà un peu entamées et le public avait hâte d’écouter Danny Boyle sur l’ensemble de son parcours et au travers de quelques-uns de ses films les plus emblématiques: SHALLOW GRAVE, 28 DAYS LATER, SUNSHINE, TRAINSPOTTING et bien sûr le 3e opus autour de 28 Days à venir, 28 YEARS LATER (dont la nouvelle bande annonce a été offerte au public du 43e BIFFF).
Nous allons vous livrer ci-dessous quelques morceaux choisis extraits de ce moment privilégié avec un des réalisateurs éclectiques du 20 et 21e siècles.
Avec 28 DAYS LATER en 2002, Danny Boyle avait lancé la vague des films et des séries sur les zombies qui a envahit les écrans du 21e siècle. Avec 28 YEARS LATER, il propose le 3e opus (le 2e n’était pas de lui mais de Juan Carlos Fresnadillo) qu’il est en train d’achever.
Les 3 films sont indépendants entre eux mais conservent un lien fort et malgré l’augmentation du budget, Danny Boyle confirme que le nouveau film garde l’ambiance du premier et le côté brut qui lui avait valu son succès. Sans rien dévoiler de l’intrigue du nouveau film, le réalisateur anglais dévoile dit qu’il y a une connexion entre celui-ci et ORANGE MECANIQUE. Trop hâte du coup, non?

Né dans une famille catholique de travailleurs britanniques dont la mère aurait souhaité qu’il soit prêtre, Danny Boyle est passé d’enfant de choeur à punk et voit dans l’irrévérence, la différence et le manque de respect, le rapport entre le punk et le film de genre.
Fan de football, son premier film, un téléfilm, date de 1987 et a comme sujet… le football et six jeunes footballeurs qui passent une sélection pour être recruter pour le club de Manchester United. Danny Boyle confie qu’il serait probablement embarrassant de voir ce film maintenant!
Avant d’aborder 28 DAYS LATER, Danny Boyle mentionne un épisode plutôt drôle sur SHALLOW GRAVE (Petits Meurtres entre Amis) où un des acteurs, ayant peur de se retrouver seul dans les tiroirs de la morgue (il avait l’impression de voir des cadavres) demandait que quelqu’un soit avec lui dans le tiroir.
C’est Alex Garland, déjà scénariste sur THE BEACH (La Plage), qui se colle au scénario de 28 DAYS LATER (2002). Et qui fera celui de SUNSHINE ou celui de 28 YEARS LATER à venir. Comme le souligne Danny Boyle, il est conscient de ses propres limitations comme scénariste et c’est pour cela qu’il confie toujours cette tâches à des gens compétents.
En repensant à ce film mythique qu’est 28 DAYS LATER, Dany Boyle évoque la façon dont ils ont réussi à faire les tournages dans des rues vides de Londres, il y a 20 ans de cela. Aujourd’hui l’industrie du cinéma est devenue tellement orientée sur les questions de sécurité qu’il serait impossible de tourner de la même façon. Et Danny Boyle d’expliquer que la production, plutôt que de faire une interruption en règle, a proposé d’engager quelques très belles filles (incluant la fille de 18 ans de Danny Boyle) pour bloquer la circulation en demandant gentiment aux conducteurs des voitures d’attendre gentiment la fin du tournage!
Alex Garland comme Danny Boyle aime une forme de « hard SF », une science-fiction réaliste qui sera de mise dans SUNSHINE, ce qui avait fait que certains producteurs avaient pressenti Danny Boyle pour réaliser le 4e volet de ALIEN. Mais le réalisateur britannique avait décliné l’offre, ne se sentant pas à la hauteur vu la complexité des CGIs. Dommage… Pourtant en matière d’effets numériques, SUNSHINE a nécessité plus d’un an de travail!
Ensuite Danny Boyle mentionne aussi son travaille sur TRANCE (2013), un thriller psychologique avec James McAvoy, ce qui lui donne l’occasion de réitérer le fait qu’il adore l’action, qu’il aime la cinétique du cinéma. Pour lui, c’est l’essence même du cinéma.
Malheureusement, les 2 heures de MasterClass se terminent avant que Ruben Nollet n’ait pu achever le parcours de la carrière de Boyle. Une dernière question traditionnelle est posée à Danny Boyle: quels sont vos projets? Il adorerait adapter le roman du britannique Andrew Miller, Ingenious Pain (1997) qui raconte l’histoire d’un jeune homme qui ne ressent pas la douleur, l’action se situant au milieu du 18e siècle. Il est vrai que cela semble un bon sujet.
Wait and see, comme dirait nos amis british.
