80e Festival du Film de Venise: Jour J+8

Jeudi 7 septembre. Après 2 jours à 5 films, un peu de calme est nécessaire. Et j’ai spécialement repoussé la séance de 8h15 du film LUBO à 10h45. Donc lever plutôt cool à 7h30 (difficile de faire la grasse matinée dans une coloc) avec une bonne nuit de sommeil.

Bonne douche, bon déjeuner à l’appart et vers 9h15, en route vers le vaporetto sous un soleil de plomb. Le vaporetto est à quai quand j’arrive donc pas d’attente et la sécurité d’être à l’heure à la séance.

Il est 10h35 quand je me dirige vers la sala Grande pour voir LUBO, un film italo-suisse de Giorgio Diritti d’une durée de 3h01. Le film est une fresque qui balaye l’histoire de Lubo, un gitan, depuis la fin des années 30 jusqu’à la fin des années 50. Inutile de dire que la vie de Lubo en tant que gitan dans un pays neutre avec les nazis envahissant l’Europe n’est pas de tout repos. Il sera enrôlé de force pour protéger les frontières suisses, perdra sa femme, verra ses enfant emmenés dans des orphelinats sans qu’il puisse jamais intervenir.

Le destin est exceptionnel mais le film l’est moins. Il peine à trouver le souffle nécessaire pour tenir les 3h et si la composition de l’excellent acteur allemand Franz Rogowski (GREAT FREEDOM, A HIDDEN LIFE) est parfaite, elle ne parvient pas à propulser le film à un niveau supérieur à la moyenne.

Dommage car à nouveau il s’agissait d’un film à la thématique forte mais dont le traitement n’est pas à la hauteur. C’est un peu ce que l’on a pu observer sur l’ensemble de Venise cette année, lorsque le film avait une thématique ambitieuse, le film ne parvenait pas à rendre cette ambition dans son scénario ou sa mise en scène (à l’exception de GREEN BORDER).

Petite frayeur pendant la vision du film. Une jeune femme spectatrice vient s’installer à côté de moi avec un gros sac à dos. Au bout de 10 minutes de film, elle quitte dans le noir sa place. Je me dis qu’elle a sans doute une envie pressante. Les minutes passent… En bougeant, mes pieds touchent son sac qui se révèle être terriblement lourd! Dix minutes passent. Je me pose de plus en plus de questions en ne la voyant pas revenir. Je me fais un film dans le film, le tout dans une salle de 1400 personnes! Et elle ne revient toujours pas…
Soudain, dans l’ombre, elle vient se rassoir. Visiblement, les attentats en Europe m’ont plus marqué que je ne le pensais…

Après ces émotions (le film plus le sac au dos laissé sur place), je sors un peu avant 14h pour manger une salade et me poser afin de faire ma chronique journalière (celle du mercredi évidemment).

A 16h30, je me dirige vers la sala Corinto pour voir XUE BAO (titre international: Snow Leopard), un film du tibétain Pema Tseden (mort en 2023 à 53 ans). Inspiré d’un fait divers, le film raconte les démêlés d’un berger tibétain avec les autorités après qu’il ait enfermé dans un enclos muré un léopard des neiges qui vient de lui tuer 9 moutons, le tout sur fond d’une équipe de journalistes qui vient essayer de filmer des léopards des neiges dans la nature sauvage du Tibet. Les paysages du film sont somptueux, les léopards sont des images de synthèse afin de permettre une interaction avec les comédiens (et bien sûr aussi parce qu’ils sont rarissimes). Le but du film est évidemment louable: rappeler l’importance de protéger ces animaux rares et d’éduquer bien sûr les bergers.

Xue Bao – Snow Leopard

A l’instar des loups en France ou en Europe en général, le problème reste toujours l’adaptation des humains à leur environnement et le retour à une meilleure intégration aux écosystèmes.

Sorti de la salle un peu avant 19h, je papote avec quelques collègues avant de retourner en sala Darsena pour KOBIETA Z… de Michal Englert et Malgorzata Szumowska à 19h45. Le film raconte l’existence difficile de Andrzej qui, depuis son plus jeune âge, ne s’est jamais senti à l’aise dans son genre masculin. C’est donc la vie tumultueuse de cet homme qui peu à peu va tendre à s’accepter en tant que femme. Encore une fois, sujet difficile et traitement pas à la hauteur. Très didactique, très scolaire dans son récit et sa mise en scène, le film n’est pas à la hauteur, malgré la performance de Malgorzata Hajewska en Andrzej.

Malgorzata Hajewska et Joanna Kulig dans KOBIETA Z…

Nous terminons la soirée en mangeant un petit quelque chose (ragoût de boeuf et patates pour ma part, penne al polpo pour d’autres) avant de retourner à Venise vers minuit pour une nuit pas très longue (4h47) avant la dernière journée au Festival de Venise.

Et la lune se reflète sur la lagune comme tous les soirs à Venise

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