Violation
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Violation

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe : Anna Maguire, Dusty Mancinelli, Jesse LaVercombe, Madeleine Sims-Fewer
Durée : 107’
Genre : Film d’'horreur
Date de sortie :

Cotation :

5 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Canada. Miriam et Caleb, son mari, sont en route chez Greta, la soeur de Miriam, et Dylan le mari de celle-ci qui vivent dans une maison de campagne au milieu des bois. Un contentieux pas très explicite semble exister entre Caleb et Miriam...

 

Notre critique:

Une nature omniprésente, deux couples immergés en son sein, chaque personne avec ses problèmes, ses doutes et ses certitudes… De quoi provoquer bien évidemment de gros antagonismes. C’est le point de départ de ce VIOLATION, premier film de Dusty Mancinelli et Madeleine Sims-Fewer en tant que réalisateur, scénaristes et même acteur pour Madeleine puisqu’elle joue le rôle principal de Miriam dans le film.

Film très introspectif, VIOLATION laisse la part belle aux dialogues et aux échanges entre les personnages pour nourrir le récit et les antagonismes pré-existants. La construction du récit mêle de façon assez subtil présent et passé, affichant clairement une volonté d’instiller une confusion temporelle et spatiale (les horizons de travers et inversés notamment) pour le spectateur. Si clairement cela fonctionne plutôt bien, c’est aussi une source de confusion qui pourra empêcher certains spectateurs de rentrer complètement dans l’histoire.

L’horreur et la folie générées par Miriam naîtront de plusieurs déclencheurs que le scénario distille au fur et à mesure. Ce sont notamment les problèmes de couple de Miriam, son contentieux avec sa soeur durant l’enfance et enfin ses problèmes nombreux avec son beau-frère. Toutes ces situations inextricables, très appuyées par la mise en scène (gros plans, longs dialogues, mise en évidence du côté envahissant de la nature) et par la lenteur du récit, va amener Miriam vers un point de non-retour.

Sa vengeance sera en parfaite adéquation avec sa personnalité, adoptant une forme de perfectionnisme renforcé une nouvelle fois par la mise en scène qui pousse la crudité des plans à l’extrême (scène de sexe, le meurtre, etc) pour en exacerber le réalisme. Il n’est pas question ici d’ajouter une touche théâtrale ou de se la jouer grand guignol, non, bien au contraire, tout la bestialité de la vengeance sera dans le réalisme des actes.

Si on peut clairement voir la maîtrise du scénario ou la maîtrise de la mise en scène, il en va de même pour la qualité de jeu des interprètes et particulièrement de Madeleine Sims-Fewer qui s’est impliquée corps et âme dans son projet (au point de réellement vomir lors de la scène de meurtre)!