The Cursed Lesson
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The Cursed Lesson

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe : Chae-Young Lee, Cheol-ho Choi, Jai-hong Juhn, Ji-han Kim, Jo Jung-min
Durée : 93’
Genre : Film d’'horreur
Date de sortie :

Cotation :

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Dans un immeuble, 2 policiers entre dans un appartement car des voisins ont signalé un cri étrange dans celui-ci. Lorsqu'ils arrivent dans le salon sans lumière, une jeune femme est en train de poignarder quelqu'un...

 

Notre critique:

Proposé en compétition au 28e Festival du Fantastique de Gérardmer, THE CURSED LESSON part, une fois de plus pour un film asiatique, sur un sujet totalement improbable: une mannequin suit des cours de Yoga pour redevenir désirable en atteignant la Kundalini (l’énergie ultime)!

Dès le première image, le spectateur se rendra vite compte que le sujet est bien sûr parfaitement en phase avec notre époque où la performance et l’image sont de première importance et où, si l’on ne correspond pas à ce que le public attend, on se retrouve vite sur la touche. C’est le cas de Hyo-jeong, une jolie jeune femme mannequin dont les clients ne veulent plus car elle représente la « vieille » génération.

La dictature de la beauté et de la jeunesse est donc le centre de ce film d’horreur coréen. Et il ne faut pas s’y tromper, les deux réalisateurs tissent peu à peu une trame de terreur autour de leurs personnages afin d’amener le spectateur à toucher peu à peu l’angoisse sous-jacente du récit. Ils jouent sur la plastique de ces jeunes femmes et un érotisme soft pour créer un malaise naissant de la confrontation de l’étrange et du beau.

Plutôt lent dans son déroulement, le récit balance de manière assez classique entre une enquête sur une étrange affaire policière et ce qui se passe pendant l’initiation de la Kundalini dans le cours de Yoga. Peu à peu les 4 jeunes femmes dans le cours commencent à sombrer dans une forme de démence où elles se surveillent les unes les autres et voient des fantômes.

Les décors et la photographie sont très soignés et ajoutent sans conteste à l’atmosphère étrange du film et maintiennent le spectateur dans une forme un peu hypnotique que la répétition des mêmes scènes augmentent. Bien sûr, cette mise en scène répétitive amène aussi une certaine lassitude qui ne plaira pas à tout le monde et risque même de nuire à l’immersion dans le film pour ces derniers.

Le problème du film réside plus sur la rupture qui se fait dans le récit dans les 20 dernières minutes film où une forme plus grand-guignolesque de l’horreur prend le dessus sur la subtilité de l’approche à l’origine du projet. En se perdant dans le couloirs de l’institut, l’héroïne perd aussi un peu les spectateurs d’autant que les scénaristes font resurgir la réalité au travers de la police qui intervient pour remettre les choses à leur place.

Dommage donc que la démonstration finale casse complètement le travail sur la narration élaborée auparavant! On pouvait légitimement espérer une fin plus dans la lignée du film même si les scénaristes essayent de suggérer que le démon existe bel et bien…