Sweat

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Magnus von Horn est le réalisateur suédois de EFTERSKALV (Le Lendemain), une fable réaliste sur les chances de réinsertion de personnes condamnées. Le film abordait ce problème par un biais très subtil et l’illustrait déjà avec beaucoup d’originalité.

Avec SWEAT, son deuxième film, Magnus von Horn se penche sur les réseaux sociaux et suit une influenceuse dans son existence quotidienne jusqu’au moment où elle va déraper. Il montre l’énorme faille qu’il y a entre vie privée et vie publique sur les réseaux.

Son héroïne ne s’appartient plus depuis bien longtemps. Et même si elle connaît la vanité de son « job », elle est prise dans une spirale qui l’entraine inévitablement dans une solitude immense. Là où elle souhaite des sentiments vrais et forts (dans sa famille), elle n’en a pas. Et chacune de ses prises de positions est finalement effectuée en fonction du regard des autres au travers des médias sociaux.

La force de von Horn est d’avoir su créer un univers cohérent dans lequel vit Sylwia, un univers hors du temps et hors d’une Pologne où tout est loin d’être rose. Sa mise en scène renforce peu à peu un récit qui est une forme de descente aux enfers pour la pauvre Sylwia qui doit continuer coûte que coûte dans la voie qu’elle s’est tracée.

Le choix de Magdalena Kolesnik pour le rôle principal est tout à fait judicieux tant cette actrice parvient à avoir des visages très différents qui viennent renforcer cette dualité vie privée vie publique. Elle a une mobilité de visage et un jeu qui n’est pas sans évoquer une certaine ressemblance avec Jodie Comer (dans la série « Killing Eve »).

Fable cauchemardesque à certains moments, SWEAT est une dénonciation plutôt efficace d’un monde factice qui envahit notre quotidien et qui demande à tous ceux et toutes celles qui en font partie, une forme de résilience face aux critiques de leur public.

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