La vérité

La vérité

Alors qu’il sort d’un film auréolé d’une Palme d’Or, UNE AFFAIRE DE FAMILLE, le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda est déjà de retour, non pas à Cannes cette fois mais bien en ouverture de la 76Mostra de Venise. Quand on le rencontrait en 2015, il nous faisait part de son envie de tourner dans une autre langue que le japonais. C’est désormais chose faite puisqu’il a été tourné en France avec un casting d’exception. Les premiers rôles sont tenus par Catherine Deneuve, Juliette Binoche et Ethan Hawke, excusez du peu.

LA VERITE, c’est celle de cette relation mère/fille formée par Fabienne (Catherine Deneuve), actrice à la carrière fabuleuse et Limur (Juliette Binoche), scénariste exilée aux Etats-Unis. Il a toujours été question d’une relation d’amour/haine entre elles. Elles s’aiment mais beaucoup trop. Elles se reprochent néanmoins énormément de choses passées mais n’osent pas forcément en parler pour autant. Il n’est pas question d’une seule vérité mais de plusieurs. Il y a eu trop de non-dits, d’événements bouleversants. Ces retrouvailles sont l’occasion, parfois forcée, de remettre le tout au clair, de retrouver un esprit familial plein d’amour.

Fabienne et Limur sont au cœur du récit, tout gravite autour d’elles. La maisonnée est aussi composée d’un secrétaire et du compagnon de Fabienne, un cuistot qui ne fait que des tiramisus comme dessert. La famille est et reste le thème de prédilection de Kore-eda. Il est donc fidèle à lui-même et à ses marottes. Si c’est un peu décontenançant de se dire que l’on est devant un Kore-eda, la barrière de la langue et le casting étant les raisons principales, on retrouve tout de même d’autres points d’accroches à son cinéma.  Outre sa thématique fétiche, on retrouve des similarités au niveau du rythme, de la musique ou encore des dialogues.

Le début est bon, avec une mise en place bien rythmée et un peu décalée. Une fois celle-ci passée, cela patauge un peu, ce qui est inhabituel pour le réalisateur de NOBODY KNOWS, avant de terminer avec une montée en puissance phénoménale, comme souvent chez Kore-eda. Avec LA VERITE, on ne se retrouve donc pas en terre inconnue, si l’on est un amateur du cinéaste japonais en tout cas. Cependant, le film est beaucoup plus drôle que ses précédents.

Quoi qu’il en soit, Kore-eda a franchi un nouveau cap dans sa carrière après cette prise de risques. Des changements de langue, d’environnement, de collaborateurs, ce n’est pas rien. C’est une prise de risque relevée avec brio par le palmé d’or. Bref, comme d’habitude, ses œuvres sont des moments d’allégresse, on en redemande.

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