Judy

Judy

A chaque année sont biopic sur une célébrité. En ce début 2020, voici celui consacré à l’icône que fut Judy Garland. Révélée dans THE WIZARD OF OZ, elle a ensuite connu une carrière éclatante, avant le déclin. Carrière au plus bas, alcoolisme, perte de la garde de ses enfants, tout cela fait beaucoup. Pour tenter de remonter la pente, elle va devoir se lancer dans une résidence de spectacles à Londres. En effet, en Europe, son aura est toujours importante. Pourra-elle combattre ses démons intérieurs afin de ramener sa vie sous des jours meilleurs? C’est ce que raconte ce JUDY.

Rupert Goold, le réalisateur, est plus connu pour son travail au théâtre qu’au cinéma. Cependant, l’une des constantes dans son œuvre, c’est de s’intéresser à des histoires vraies, que ça soit en télévision, au théâtre ou au cinéma. Son premier long-métrage, TRUE STORY, s’intéressait à une histoire de meurtrier qui avait pris comme pseudo le nom d’un journaliste du New York Times. En télévision, il s’est intéressé à Macbeth de Shakespeare ou encore à Richard II d’Angleterre. Bref, raconter la fin de vie d’une star hollywoodienne n’est qu’une suite logique.

La première bonne idée c’est de s’intéresser à cette période moins connue de la vie de Judy Garland. Le faste est déjà passé depuis bien longtemps, les tourments, obstacles et difficultés sont nombreux. Cette Judy n’a décidemment plus grand chose à voir avec la Judy Garland d’antan. Voir cette icône avec tant de failles, la voir lutter pour juste garder la tête de l’eau, ce n’est pas courant. Surtout, c’est efficace car centré sur un point particulier et très précis de la vie du personnage principal.

On voit que Rupert Goold est un habitué des histoires adaptées de la vie de personnes ayant existé car il a un grand talent quand il s’agit de se concentrer sur l’essentiel, sur les émotions, sur ce qui est « vrai ». Sa mise en scène est sans fioriture, ce qui ne veut pas dire qu’elle est anecdotique bien entendu. Elle laisse juste la place aux comédiens et, dieu sait que Goold est doué pour diriger ses comédiens. A nouveau, l’influence du théâtre se fait sentir.

Dès la vision du film il y a plusieurs mois déjà, Renée Zellweger semblait être une candidate parfaite pour les prix d’interprétation des cérémonies de récompenses à venir. Que ce soit au niveau de son jeu, des émotions ou du chant, elle est tout simplement sublime et semblait même être la candidate qui allait prendre le dessus sur les autres. Son récent prix de la meilleure actrice dans un film dramatique aux Golden Globes semble confirmer cette impression, il faut maintenant voir quels seront les résultats dans les autres cérémonies qui vont suivre, dont les Oscars bien entendu. Cela dit, il faut également mentionner la présence de Jessie Buckley au casting. Cette jeune comédienne irlandaise découverte dans BEAST, incarne le rôle compliqué d’assistante de Judy Garland, sorte de personnage tampon entre la star et les personnes à qui elle a des comptes à rendre (le promoteur du spectacle, son manager, …). Buckley s’en sort plus qu’avec les honneurs et on a qu’une seule envie, la revoir très vite!

JUDY est un biopic réussi et très propre qui doit évidemment beaucoup à son actrice principale, la flamboyante Renée Zellweger. Rupert Goold a su capter les émotions de ce personnage complexe dont la fin de vie ne fut pas simple. Zellweger a su retranscrire ça avec justesse, pour le plus grand plaisir du public. Dieu sait pourtant que sa prestation était compliqué tant la palette d’émotions est riche, variée et va dans des opposés en permanence. Bref, du talent brut.

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