Haute-Couture
Accueil Critiques Haute couture

Haute couture

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe: Lyna Khoudri, Nathalie Baye, Pascale Arbillot, Sylvie Ohayon, Sylvie Verheyde
Durée : 101’
Genre: Comédie sentimentale
Date de sortie: 17/11/2021

Cotation:

4/ 6

Si vous avez manqué le début:

Jade et sa copine vivent d'expédients dans la rue et dans le métro. Après avoir volé une guitare, Jade chante dans le métro pour distraire les pigeons qui la regardent et que sa copine dépouille de leurs valeurs...

 

Notre critique:

Jade commence sa vie et Esther finit la sienne. L’une la commence mal avec des petites rapines minables et l’autre la termine mal vu qu’elle quitte le métier de la haute couture chez Dior pour une retraite dont elle n’a cure. Deux destins qui vont inévitablement se croiser…

HAUTE COUTURE, c’est le second film de Sylvie Ohayon après PAPA WAS NOT A ROLLING STONE. Si la trame de fond est déjà vue (donner sa chance à une jeune indisciplinée des banlieues), le milieu dans lequel se déroule le récit (la haute couture) est lui très original. L’opposition entre ce milieu qui semble très privilégié et le milieu de Jade, la fille du 93, dont la copine arabe manie le verlan comme une seconde peau.

Inspiré des difficiles années que Sylvie Ohayon a eu avec sa fille Jade pendant l’adolescence de cette dernière, HAUTE COUTURE parle donc aussi de la difficulté de trouver sa voie lorsque l’on est jeune et que l’on débute dans un milieu défavorisé.

Au-delà de la confrontation des classes sociales, Sylvie Ohayon oppose la vielle cheffe couturière Esther à Jade, la jeune femme qui veut indéniablement se sortir de son milieu et d’une mère hypocondriaque et grenouille de bénitier qui l’oppresse. Sur cette opposition, la réalisatrice et sa scénariste construisent une riche galerie de personnages variés et très exotiques à l’image de notre société pluri-culturelle. Il faut dire que Sylvie Ohayon sait de quoi elle parle, d’origine juive tunisienne et kabyle, elle a vécu à la Courneuve pendant toute son adolescence.

Bourré de petits détails sur le monde de la couture, de mélange des cultures de passion pour un métier, HAUTE COUTURE est clairement un « feel good movie » qui bénéficie de l’excellente interprétation de Nathalie Baye et de Lyna Khoudri que l’on avait pu déjà remarquer dans PAPICHA ou dans GAGARINE. Elles donnent à leur personnage respectif une consistance qui permet à l’émotion de passer tout au long du film.

Bonne surprise donc que ce 2e long métrage de Sylvie Ohayon.

 

Ces articles pourraient vous intéresser