Equipe:
Durée : 100′
Genre:
Date de sortie: 18/09/2001
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Paris,1830. Au cur de la capitale une nouvelle révolution gronde et les émeutes se préparent. Pendant que les barricades se dressent, un homme agrippé aux rebords dun puit en flammes, observe horrifié la silhouette fantomatique qui le domine. Avant de disparaître dans labîme, il lui demande comme ultime faveur de retirer le masque miroir qui lui fait office de visage. Vidocq lex-bagnard et chef de la police devenu lenquêteur le plus célèbre de lépoque, vient de mourir en découvrant lidentité de ce mystérieux et étrange meurtrier que lon surnomme lAlchimiste, emportant son secret dans sa tombe. Apprenant la nouvelle, Etienne Boisset jeune journaliste fraîchement débarqué de province mais aussi biographe de Vidocq, décide de reprendre lenquête de la «Conspiration de la foudre» sur laquelle travaillait son héros et qui nest sans doute pas sans lien avec sa disparition. De rencontres inquiétantes en lieux étranges, le jeune homme nest pas au bout de ses surprises
Notre critique:
Tout comme le bête du Gévaudan du PACTE DES LOUPS ou le sourire enjôleur dAMELIE POULAIN, après des mois de mystère et de rumeurs, ça y est! Cest chose faite! VIDOCQ ne fait plus figure dArlésienne sur nos écrans. Pourquoi encore une fois, tant de bruits et de cachotteries pour un film me direz vous. Serait-ce la frénésie dispendieuse du cinéma français pour faire éclore un genre et un style nouveau qui rendrait soudainement les langues muettes et la profession méfiante. Toujours est-il que malgré ses secrets calculés, ses silences promotionnels et quelques défaillances, cette étonnante nouvelle vague du cinéma hexagonal offre tout de même de jolies surprises et souffle un vent nouveau plutôt revigorant. En cherchant à dépoussiérer le bon vieux film dépoque en costumes, VIDOCQ sinscrit tout droit dans cette lignée de renouveau et même mieux il en modifie quelque peu les règles: Budgétaires certes, puisquil pulvérise le record récemment attribué à Christophe Gans, mais aussi techniques car il est le premier long-métrage au monde entièrement tourné en numérique (devançant le deuxième épisode de STARS WARS de Georges Lucas), chaque image du film ayant été retravaillée à lordinateur lors de la postproduction. Aux commandes de ce faramineux projet, la patte de Jean-Christophe Grangé (LES RIVIERES POUPRES) pour le scénario et le savoir faire de Pitof pour la réalisation. Cet inconnu pour le public est sans conteste la référence en matière deffets spéciaux et digitaux dans le milieu du cinéma français. De Poiré (LES VISITEURS) à Oury (ASTERIX) en passant par Besson (JEANNE DARC) et tous les films de ses copains Caro et Jeunet, pas un réalisateur sur une production denvergure ne peut se passer des services de Jean-Christophe Comar (son vrai nom).
Devant ce pari osé force est de constater quil y a de quoi être intrigué et ce ne sont pas les premières images du film qui démentiront cette impression. Dès la lumière éteinte, pas le temps de dire ouf ou de plonger la main dans son seau de pop-corn. Cest sur les chapeaux de roue quun pré-générique endiablé et soutenu nous propulse à la manière dun toboggan au cur de laction. Juste le temps de reprendre sa respiration et voilà que le héros tant attendu (auquel Gérard Depardieu prête sa colossale stature) disparaît dans les flammes avec la clé de lénigme, cest malin ! Oui justement, cet habile décès permet ainsi au scénario de suivre une ligne claire et dévoluer de façon linéaire grâce à une succession de flash-back et de témoignages. En choisissant ce mode de narration simplifié, Pitof opte ainsi pour un parti pris visuel où lon sait par avance quil va sen donner à cur joie. Les décors sont spectaculaires et la lumière totalement irréelle nous plonge dans un univers onirique complètement hors du temps. Ici point de volonté historique ou réaliste par rapport au personnage original, inutile aussi de se référer à la bonne vieille série télé, son VIDOCQ se veut résolument novateur.
Construit comme une aventure fantastique et baroque aux accents de science-fiction, ce film échappe à tout stéréotype et déploie un formidable kaléidoscope dimages percutantes et rythmées pour le plus grand plaisir des mirettes. Nerveux, sans aucun temps mort, truffé deffets spéciaux, il réclame une attention de tous les instants et a indiscutablement létoffe et lefficacité dun film à grand spectacle. Mais si cette expérience visuellement opulente à un grand pouvoir de séduction, elle peut aussi pour les mêmes raisons se transformer en vrai supplice pour les regards non préparés ou réfractaires à la surabondance dimages. Et puisque lon en est à lheure des reproches, on peut regretter que cette préoccupation esthétique ait laissé peu de place à la dimension psychologique qui aurait été la bienvenue dans lépaisseur des personnages et le dénouement. Malgré ces quelques carences et ces petites imperfections, VIDOCQ est un premier film ambitieux et généreux qui s’il nenvoûte pas complètement nen demeure pas moins captivant.
