Titre français : Demain Ne Meurt Jamais
Equipe:
Durée : 115′
Genre:
Date de sortie: 16/12/1997
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Elliot Carver est un empereur des médias façon Ruppert Murdoch ou Ted Turner (monsieur CNN, entre autres). Sa mégalomanie le pousse à vouloir déclencher la troisième guerre mondiale, histoire d’en obtenir les droits d’exploitation planétaires!!!! Pour ce faire, il essaie de fâcher l’un contre l’autre la Chine et la Grande-Bretagne. Heureusement, l’agent secret au matricule le plus célèbre du monde est là pour arranger les bidons.
Notre critique:
Or, donc, peu après le Beaujolais, voilà qu’arrive le James Bond nouveau.
Purs produits marketings, toujours très attendus et à chaque fois plus ou moins décevants, les points communs entre la piquette vineuse et le clip publicitaire bondien ne manquent pas. L’avantage du James Bond, c’est qu’il vous contraint rarement à passer la nuit à repeindre les murs des cabinets (c’est une image!) et qu’il ne fait pas résonner Big Ben au fond de votre caboche le lendemain de son ingestion.
Mais trève de comparaison viticulto-cinématographique.
On attend d’un James Bond qu’il divertisse en proposant du dépaysement, des jolies filles, quelques cascades gratinées, un super-méchant bien fou dans sa tête, quelques acolytes du super-méchant bien sadiques, quelques gadgets improbables et par-dessus tout cela une pincée d’humour tendance british.
Alors, dans l’ordre, qu’est-ce que cela donne dans TOMORROW NEVER DIES?
Point de vue dépaysement, on commence dans la neige de la Passe de Khyber (?) qui, à part un marché clandestin pour trafiquants d’armes, se révèle être un lieu plutôt désertique et inhospitalier. Ensuite Hambourg. A part un immeuble où se déroule une réception, un hôtel où se déroule un moment de détente et un parking où se déroule une poursuite, cette ville ne brille pas par ses attraits. Dans la foulée, on se retrouve à Saïgon. Là, c’est nettement plus coloré et exotique. Mention, très bien. Nous avons également droit à la visite de l’intérieur d’un bateau furtif. Ca ressemble à l’intérieur d’une boite de conserve, les lumières clignotantes en plus. Chacun appréciera en fonction de son goût pour le cassoulet.
Point de vue jolies filles. Une linguiste danoise, la femme du super-méchant (Teri Hatcher) et un agent des services de sécurité chinois (Michelle Yeoh) sont au rendez-vous pour émoustiller les messieurs. Ne soyons pas chiche, c’est pas des thons. Les coeurs d’artichaut craqueront pour la femme du super-méchant, les sportifs pour l’agent et les amateurs de galipettes pour la linguiste. Merveilleux! Dans un James Bond, il y en a pour tous les goûts.
Côté cascades, c’est une poursuite en moto qui emporte le morceau. Notons que dans l’ensemble, elles paraissent un poil moins improbables que dans GOLDENEYE par exemple. Il n’y a rien qui équivaut à un saut sans parachute pour récupérer un avion en vol. Mais bon, c’est vraiment pour dire, hein, parce que ça reste osé.
Le super-méchant, c’est donc Elliot Carver (Jonathan Pryce, le cheveu savamment décoloré). Il est mégalo juste à point, dénué de scrupules et capable d’appuyer lui-même sur la détente. Son côté visionnnaire et sa détermination forcent l’admiration.
Ses acolytes sont moins flamboyants à l’exception d’un docteur tireur d’élite qui pratique la torture à titre de hobby. Mais l’acolyte principal, Stamper, n’est qu’une simple brute à machoire carrée. Le souvenir de Jaws, le géant au sourire d’acier (L’ESPION QUI M’AIMAIT, MOONRAKER), reste tenace.
Côté gadgets, à côté d’un briquet-grenade, d’une montre détonateur et d’un GSM survolté, c’est une BMW téléguidée qui se taille la part du gâteau. Rien de vraiment cocasse toutefois. L’ordinateur vocal de la Béhème est même franchement casse-c…!
Pour ce qui est de l’humour, les petites phrases qui ponctuent immanquablement la fin des séquences affligeantes. Seul le clin d’oeil à l’encontre de Microsoft, le géant de l’informatique, soutire un sourire. Pour le reste, c’est aussi drôle qu’une blague de calendrier ou que les bons mots d’Olivier Lejeune dans BON WEEKEND. GOLDENEYE était de ce point de vue nettement plus farce.
Et James Bond lui-même dans tout cela?
Ah oui, c’est vrai, James… Ben, c’est Pierce Brosnan qui s’y est recollé. Il avait fait le précédent, GOLDENEYE. Puisqu’il avait rapporté plein de sous c’est qu’il est forcément très bien. Il est clairement dans la lignée de Roger Moore, en moins mutin peut-être. Pierce est un bon Bond qui ne fait pas de taches. Il porte admirablement bien le smoking et affiche une démarche souple. Non, non, rien à dire. Il est suffisament inodore et incolore pour ne pas faire de l’ombre aux différents éléments cités plus haut, ni aux multiples produits dont il est censé faire la promotion. Il est décoratif juste comme il faut pour permettre à la ménagère de moins de 50 ans de se pâmer sous le charme de son regard protecteur, et pour permettre au mâle qui sommeille dans le compagnon de la susdite ménagère de retrouver l’image de virilité qui s’était raccornie au fil du temps suite à de trop nombreuses heures passées dans les bouchons matinaux et vespéraux du carrefour Léonard. En fait, tout bien réfléchi, James Bond joue un rôle social déterminant dans la dynamique du couple. Rien qu’à cause de cela, il est inattaquable, indéboulonnable, insubmersible. A tel point qu’un studio hollywoodien planche sur une autre série de James Bond. Imaginez un peu. Tout les ans ou tout les 2 ans, 2 James Bond sur nos écrans! 2 Bond issus de 2 studios différents. Ce sera comme la rivalité entre Coca et Pepsi. Génial! La ménagère et son compagnon en trépignent déjà d’impatience. Ah ça, pas de doute, le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas.
