The Negotiator
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The Negotiator

par Olivier Loncin
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Genre:
Date de sortie: 20/10/1998

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Le meilleur négociateur de prises d'otage de la police de Chicago est accusé de corruption par l'inspection des services. Dans une tentative désespérée pour prouver son innocence, il prend ses collègues en otages.

 

Notre critique:

La recette est toujours la même: on met en place le personnage principal, on noue l’intrigue, on place un premier rebondissement qui surprend, on développe l’intrigue jusqu’à un second rebondissement qui est censé vous couper bras et jambes. Et on conclut en résolvant toutes les intrigues, avec, si possible, en bout de course un retournement de situation sur l’intrigue principale (genre celui qu’on croyait que c’était lui le coupable, et bien non, c’est un autre!).

Comme ce schéma-là, ça fait des décénnies qu’on nous le sert, avouons qu’il devient de plus en plus difficile de nous émouvoir. Il y a certes quelques exceptions: DIE HARD (le premier, celui de Mc Tiernan), TRUE LIES, THE ROCK (mais là, il est possible qu’on se fasse avoir par la vitesse!) ou COP LAND (d’aucuns affirmeront avec raison qu’il s’agissait plus d’un western classique que d’un film d’action), mais, comme toutes exceptions qui se respectent, elles sont rares.

Aujourd’hui, pour notre bonheur, il y a aussi THE NEGOCIATOR. En évitant de faire la part trop belle aux scènes d’action et en ne réduisant pas ses personnages à des caricatures bondissantes ponctuant leurs faits d’armes par un mot d’esprit, THE NEGOCIATOR se démarque du tout venant et capte notre attention.

La performance mérite d’être applaudie, d’autant qu’elle s’appuie sur de réelles qualités techniques qui se traduisent autrement que par la capacité à montrer des prouesses pyrotechniques montées ultra-serré.

Formé à l’école du vidéo clip, notamment pour Coolio, Dr Dre et Ice Cube, F. Gary Gray en est à son 3ème long-métrage (les 2 premiers sont inédits chez nous) et affiche un solide savoir-faire. Il oscille avec aisance entre un lyrisme grandiloquent et une gravité sèche, aussi bien dans les scènes d’action que dans les confrontations entre personnages. Sa mise en scène est impeccablement soutenue par les riches éclairages de Russell Carpenter (le monsieur qui avait déjà joué de la lampe sur TITANIC), qui donnent à l’image une épaisseur qui n’est pas sans rappeler celle du DIE HARD de John McTiernan déjà évoqué plus haut.

L’atmosphère de paranoïa qui baigne le film de bout en bout (merci les scénaristes) aiguise encore un peu plus notre intérêt, d’autant que le nombre de suspects est élevé. Et si la conclusion ne satisfait pas complètement, le plaisir issu de la rencontre entre Samuel Jackson (chouchou de Taratino) et Kevin Spacey (chouchou des rôles de grands méchants), tous deux en grande forme, est une autre occasion de se réjouir qui s’ajoute à une liste déjà suffisamment longue pour provoquer notre enthousiasme franc et massif.