The Constant Gardener
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The Constant Gardener

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 126’
Genre:
Date de sortie: 20/12/2005

Cotation:

/ 6

Si vous avez manqué le début:

En poste au Kenya, le diplomate britannique Justin Quayle apprend que son épouse, l'avocate Tessa Abbott, a été violemment tuée alors qu'elle se trouvait en mission dans le nord du pays en compagnie d'Arnold Bluhm, un docteur local soupçonné d'être son amant, également porté disparu. Indignée par la misère et les nombreux scandales qui gangrènent le Continent africain, la jeune femme qui militait activement auprès d'O.N.G. locales, visiblement dérangeait pas mal de personnes haut placées. Soupçonné d'avoir fait exécuter sa femme par jalousie, c'est sous une fausse identité que le placide Justin, va sortir de sa torpeur afin de mener l'enquête pour retrouver les assassins de Tessa et continuer son combat quitte à mettre lui aussi sa vie en péril.

 

Notre critique:

C’était en 2003, le brésilien Fernando Meirelles nous plongeait avec réalisme et authenticité dans l’enfer d’une favelas de Rio, faisant de sa CITE DE DIEU un film percutant et bouleversant que l’on n’était pas près d’oublier. Indiscutablement doué et depuis étiqueté « cinéaste à suivre », le bonhomme était donc forcément attendu au tournant avec cette adaptation du best-seller éponyme de l’écrivain à succès John Le Carré. Si les acteurs amateurs ont cette fois laissé place à des stars internationales, que le Continent sud-américain a été remplacé par l’africain et que les enjeux et le contexte sont complètement différents, force est de constater que le réalisateur n’a rien perdu de sa verve et de son talent.

Avec son style vif et nerveux, Mereilles parvient ici à prendre à son compte les ingrédients habituels de Le Carré (suspens, complots, profondeur psychologique des personnages …) en y appliquant sa marque de fabrique qui faisait la force de LA CITE DE DIEU. Caméra portative dynamique, narration éclatée, une fois encore il nous prouve qu’il possède cette faculté à retranscrire l’atmosphère d’un pays, à faire partager des sensations que l’on ne peut en principe ne sentir que sur place et à nous faire toucher du doigt une autre culture. Cette habile alchimie construite autour de flash-backs efficaces permet ainsi l’implication immédiate du spectateur. Tantôt captivant, tantôt touchant ou tantôt révoltant, THE CONSTANT GARDENER est un film « 3 en 1 » qui a des chances de réconcilier dans la file d’attente, les amateurs de drame sentimental, les accros du thriller géopolitique et les inconditionnels du réalisme social.

Car au delà de la romance émouvante et toute en retenue du couple Fiennes-Weisz et de l’intrigue captivante qui nous est proposée, ce film permet aussi à son réalisateur de dénoncer avec virulence l’exploitation éhontée de la misère africaine par les occidentaux. Evitant le portrait larmoyant du tiers-monde auquel on a si souvent droit pour révéler l’hypocrisie, la cupidité et le mépris des grandes firmes et des puissants peu scrupuleux lorsqu’il s’agit de faire des profits, le regard sans concession de Fernando Mereilles nous ouvre une fois encore les yeux et fait froid dans le dos tout comme cette citation de Le Carré que l’on peut lire dans le générique de fin et qui nous accompagne vers la sortie: « Rien dans cette histoire, ni les personnages, ni les événements ou encore une quelconque institution ne se réfère, Dieu soit loué, à une personne ou un événement réel. Mais, je peux vous assurer la chose suivante: Quand j’ai poursuivi mon voyage à travers la jungle pharmaceutique, il m’est apparu que comparée à la réalité mon histoire est aussi inoffensive qu’une carte postale de vacances. »