Romeo & Juliet

Romeo & Juliet

Sortir Shakespeare de la guangue d’académisme dans laquelle certains s’évertuent, film après film, à le confiner, est une démarche qui mérite d’être applaudie des deux mains.

Puisque l’on vante à longueur d’exégèse la modernité des propos contenus dans les pièces du Bill (pas Gates, l’autre), il était temps de leur accorder une mise en scène à l’avenant. Mission amplement réussie par Baz Luhrmann dans son adaptation de ROMEO AND JULIET.

Sans aucun complexe, mais avec un respect total de l’esprit du texte original, il ose donner à la pièce la plus connue de Shakespeare les atours de notre époque. Il n’hésite pas à lui greffer la mythologie des années nonante, faisant des Capulet et des Montaigu des gangs rivaux s’affrontant au cours de rixes directement inspirées du cinéma de Hong-Kong.

La mise en scène est d’une inventivité totale (surtout dans la première partie), que ne renierait certainement pas Sam Raimi. Découpage hystérique (le premier affrontement entre les deux bandes!), accélération de caméra, gros plans, ralentis, ROMEO AND JULIET explose dans tous les sens tandis que les vers de Shakespeare sont joués avec une force et une pertinence qu’on ne leur soupçonnait pas. L’audace de la mise en scène renforcée par la qualité des acteurs, Leonardo DiCaprio et Claire Danes en tête, s’accomode de façon surprenante au texte original. L’anachronisme redouté n’est pas au rendez-vous et petit à petit, on est impressionné par la portée universelle de cette histoire authentiquement intemporelle, que l’on croyait pourtant connaître par coeur.
Il faut d’ailleurs féliciter la maturité du réalisateur, capable de dominer les débordements de sa mise en scène lorsque l’évolution de l’histoire le demande, jusqu’à offrir un final épuré duquel, notamment, toute musique est absente.

En tout cas, une chose est sûre, après la vision du ROMEO AND JULIET de Baz Luhrmann, plus aucun collégien n’osera dire que Shakespeare est barbant. Et ça, c’est vraiment bien!

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