Gattaca

Gattaca

Dans une science-fiction américaine dominée par la badaboumerie décervelée façon ID4 et JUDGE DREDD, GATTACA arrive comme le représentant des qualités oubliées du genre. Il faut remonter au THX 1138 de Georges Lucas en… 1971 pour retrouver un film futuriste où décors grandioses et effets spéciaux ne se substituent pas à l’essentiel: un questionnement sur la nature humaine, rien de moins.

Il y a bien questionnement, pas démonstration. On ne brandit pas l’épouvantail de l’eugénisme par le vide façon nazi. Il n’y a ni haine, ni violence. Par contre, il y a une dérive discrète et insidieuse de la volonté toute légitime d’améliorer le sort de l’humanité… GATTACA est une utopie de l’excellence que ses aspects arbitraires transforment en cauchemar. Un cauchemar hélas possible, à en voir les évolutions actuelles de la génétique et tous les tourments éthiques qu’elles provoquent: depuis l’annonce des possibilités du clonage d’une brave brebis, n’a-t-on pas immédiatement proposé une application de la chose sur l’homme?

Pour son premier long-métrage, le jeune néo-zélandais Andrew Niccol frappe fort. A la fois thriller d’anticipation et fable philosophique, son GATTACA s’impose par la subtilité de l’écriture, par l’élégance de la réalisation, par son caractère intemporel et universel. Avec un talent pareil, on se surprend à attendre avec impatience le prochain film de… Jim Carrey, THE TRUMAN SHOW, dont il signe le scénario, à cent mille lieues d’un ACE VENTURA.

Articles associés

Micmacs à tire-larigot

Micmacs à tire-larigot

Les regrets