Der Untergang
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Der Untergang

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : La Chute

Equipe:
Durée : 150’
Genre:
Date de sortie: 11/01/2005

Cotation:

/ 6

Si vous avez manqué le début:

Dans un Berlin assiégé de toute part, Hitler, depuis son bunker, vit ses derniers jours au milieu de ses derniers fidèles, ministres et généraux.

 

Notre critique:

Déjà controversé en Allemagne et en France, le film DER UNTERGANG débarque sur nos écrans belges. Controversé? Il fallait s’y attendre! Tout ce qui touche aux monstruosités du régime nazi ne peut que déclencher une polémique d’où l’on espère toujours que sortiront des discussions qui permettront de mettre en garde les générations futures sur les dérives du fascisme!

Cependant, ce qui rend DER UNTERGANG différent, c’est que ce n’est pas un film sur les horreurs d’un régime, c’est un film sur celui qui était le maître nuisible d’un régime qui n’aurait jamais dû voir le jour: Adolf Hitler. Et ce qui donne à DER UNTERGANG encore une autre dimension, c’est d’avoir choisi la période étrange, apocalyptique, décadente de la fin du règne d’Hitler: sa retraite et sa mort dans son bunker de Berlin.

En adoptant le point de vue de la secrétaire d’Hitler durant ses derniers jours, le film opte bien sûr pour un parti pris qui semble positiver d’une certaine manière Hitler, et c’est probablement à ce niveau que certains pourront voir matière à controverse. On notera d’ailleurs à quel point ce sont les femmes entourant Hitler qui font preuve du fanatisme le plus absolu: une forme de fanatisme transcendé par l’amour sans doute. Toutefois, très rapidement, par petites touches et par les points de vue des militaires entourant le führer, DER UNTERGANG dévoile la face cachée d’un monstre absolu, d’un être malade qui s’enferme dans une négation totale de la défaite du nazisme. Il ne subsiste bientôt aucune ambiguïté sur cet être abject surtout grâce à la performance du courageux Bruno Ganz qui a réussi à se glisser dans la peau de Hitler au point d’en prendre la voix et la gestuelle. Et le reste du casting est à la mesure de la performance de Ganz: impeccable… Depuis Ulrich Matthes en Joseph Goebbels, l’idéologue jusqu’au boutiste, jusqu’à Juliane Kohler en Eva Braun, amoureuse et aussi folle que Hitler, en passant par le fanatisme à l’état pur de Magda Goebbels interprétée par Corinna Harfouch, tous sont étonnants et contribuent absolument à la force du film.

C’est l’auteur du déjà très étrange DAS EXPERIMENT (qui s’attachait à décrire des expériences faîtes sur des prisonniers), Oliver Hirschbiegel, qui s’est attelé à la difficile réalisation avec une certaine réussite même si il n’évite pas toujours le voyeurisme à certains moments tout en étant parfois trop prudent et pudique à d’autres. Mais globalement, il faut bien dire qu’il a réussi le pari d’aborder une page d’histoire difficile en réussissant un film captivant de bout en bout et qui met en lumière les folies et les monstrueuses incohérences d’un homme assoiffé de pouvoir. En espérant qu’un tel homme ne puisse plus jamais arriver à la tête d’aucun régime dans le monde d’aujourd’hui… ce dont, hélas, on peut douter…