Danny The Dog
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Danny The Dog

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 103’
Genre:
Date de sortie: 08/02/2005

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Truand, receleur, recouvreur de fond, Bart vient récupérer de l'argent chez de mauvais payeurs. Sa méthode? Lâcher Danny, un combattant hors pair à l'esprit d'un enfant arriéré, traité comme un chien, pour qu'il rosse ceux qui refusent de payer... Sans pitié, dressé pour tuer, Danny n'existe qu'au travers de son répugnant maître jusqu'au jour où il rencontre un accordeur de piano aveugle.

 

Notre critique:

A la lecture du résumé, on croit rêver! D’où peut bien sortir cette idée saugrenue de transformer Jet Li en chien-chien, en bouledogue ou en pit bull? De l’esprit d’un Luc Besson encore une fois convaincu de son talent de scénariste, avec un Robert Mark Kamen à qui l’on doit les scénarios des trois KARATE KID, de LETHAL WEAPON 3 ou encore de THE TRANSPORTER, ce qui donne une bonne idée du talent du monsieur…

Dès les premières images, c’est la violence gratuite, esthétisante à souhait, qui s’affiche sur l’écran, superbement servie par un Jet Li en forme. Se pose alors directement la question suivante, comment justifier une telle violence? Mais bon sang, c’est bien sûr: en les alternant avec l’éducation pianistique d’un enfant sauvage… C’est incohérent, c’est invraisemblable? Pourquoi s’en préoccuper puisque vous le savez tous la musique adoucit les moeurs! Et c’est en final la conclusion morale de ce DANNY THE DOG partagé sur l’autel de la violence et du film presque intimiste. On a envie de s’écrier: formidable, deux films pour le prix d’un seul… Mais comment ne pas se sentir frustré d’une manière ou d’une autre: car si l’intérêt du film réside dans les combats (comme celui dans l’exiguïté de la toilette à la fin) alors il y en a trop peu; et si l’intérêt repose sur l’éducation tant sentimentale que culturelle de l’enfant sauvage et sur l’intimisme, c’est raté aussi.

Tout est donc fait pour que le pauvre spectateur soit poussé à se plonger dans un abîme de violence. Même la scène dans l’arène où Danny se la joue non-violent conduit le spectateur agacé à souhaiter le combat pour que s’arrêtent les images gratuites de coups sur le pauvre chien-chien… Il n’y a donc aucune démarche de dénonciation de la violence comme on pourrait le croire au premier abord mais bien un renforcement de celle-ci avec en plus un manichéisme appuyé à faire peur même à un Bush.

D’un point de vue interprétation, il faut laisser à Jet Li le talent d’arriver à jouer plus ou moins la sorte de sauvage qu’il est durant tout le film et à Bob Hoskins (absent de nos écrans depuis un petit bout de temps) la classe de jouer les parfaits salauds d’un bout à l’autre de ce type de répertoire.

Mais finalement, que pouvions-nous attendre d’une production Europa et TF1 réunies surtout pour le pire…?