Equipe: Aaron Sorkin, Anna Lambe, Betty Gilpin, Jeremy Allen White, Jeremy Strong, Mikey Madison
Durée : 112′
Genre: Drame biographique
Date de sortie: 07/10/2026
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Une femme blonde est à l’arrêt sur le bord de la route à côté de sa voiture. La police arrive et lui demande ce qu’elle fait là. Elle répond qu’elle a appelé une dépanneuse mais semble fortement alcoolisée…
Notre critique:
Si il est des réseaux sociaux ou des messageries qui ont accumulé les affaires judiciaires et faille sur faille, c’est bien Facebook, Instagram, Whatsapp ou Messenger de Meta! Si l’on compte les failles techniques, les amendes, les recours collectifs, les enquêtes, les fuites de données, on peut affirmer que Meta fait face à des centaines de procédures en parallèle. Rien qu’entre 2019 et 2025, on recense plus ou moins 12 pénalités pour un total d’environ 10,8 milliards au total!
Mais il n’y a pas eu que les failles, la vie privée (Cambridge Analytica en est l’emblème) ou les problèmes de concurrence et de réglementation européenne, il y a eu aussi une vague majeure (encore en cours d’ailleurs) qui correspond à la protection des mineurs. Et c’est cette dernière que met en avant le nouveau film d’Aaron Sorkin, THE SOCIAL RECKONING. Réalisateur et scénariste américain, Sorkin s’est fait une spécialité de ce que l’on pourrait appeler les docu-drames. On lui doit entre autres scénarios celui de THE SOCIAL NETWORK, de STEVE JOBS, de THE TRIAL OF THE CHICAGO 7. C’est un scénariste rigoureux bien documenté et un réalisateur qui sait comment dynamiser une histoire réelle pour en faire une fiction efficace mais qui n’est pas, loin s’en faut, de la qualité d’un David Fincher (THE SOCIAL NETWORK).
Avec ce nouveau film, il s’attaque donc une fois de plus (après THE SOCIAL NETWORK) à Meta/Facebook et surtout à son célèbre patron Mark Zuckerberg. Joué avec un talent mimétique certain par Jeremy Strong (Kendall Roy dans la série Succession), à peine caricatural lorsque l’on connait un peu le vrai Zuckerberg, le patron de Meta y est représenté comme une personne sans empathie et clairement asocial.
THE SOCIAL RECKONING s’attarde donc sur l’affaire de la lanceuse d’alerte Frances Haugen sur une période de 2019 à 2021. En 2019, cette data scientist qui faisait partie de la Civic Integrity Team de Facebook étudie des chiffres suite à une vidéo qui a attiré son attention. Elle en déduit que 64% des personnes qui rejoignent des groupes extrémistes l’ont été par l’algorithme de Facebook. Si personne ne veut l’entendre au sein de Facebook, elle trouve une oreille attentive auprès d’un journaliste d’investigation du Wall Street Journal, Jeff Horwitz. Le film va suivre les hésitations de Frances à devenir une lanceuse d’alerte au fil du temps et à permettre en 2021 une série d’articles publiés par Horwitz dans le Wall Street Journal les « Facebook Files » qui vont ébranler Zuckerberg et Meta.
Les dialogues sont riches et le récit bien écrit. Chiffres à l’appui, les méfaits des algorithmes de Meta sont démontrés et sont effrayants. Les utilisateurs de Facebook, d’Instagram, de Whatsapp et consorts se retrouve dans la même position qu’avec les cigarettiers il y a des dizaines d’années. Meta sait quels sont les dangers de son algorithme mais ne fait rien pour le corriger. Mark Zukerberg défend la liberté d’expression mais fait un algorithme qui emprisonne ses utilisateurs.
La seule faiblesse du film est hélas de ne pas avoir un réalisateur comme David Fincher qui aurait pu insuffler une puissance fictionnelle supplémentaire. Si Aaron Sorkin n’est pas un mauvais réalisateur, sa réalisation n’est pas à la hauteur de son excellent scénario.
Au final et même si il est imparfait dans sa mise en scène, le film est à conseiller à toutes les personnes qui croient encore que Meta et son dirigeant « asocial » sont des personnes de confiance à qui ils/elles peuvent confier leurs données et surtout l’éducation ou l’existence de leurs enfants les yeux fermés. En un mot commen en cent, réveillez-vous et allez voir le film…
