Le Dobermann et son gang braquent tout ce qui sent l'argent: banques, postes, fourgons. Un flic bien pourri les poursuit avec une hargne bien pourrie aussi.
On pouvait le redouter et il l'a fait! Jan Kounen, trippé total de l'image et frénétique visuel, nous avait livré par le passé des oeuvrettes de type court qui montraient comme qualité principales, voire unique, un sens aigu de la mise en image: une sorte de Sam Raimi, tendance EVIL DEAD, mais cette fois léché et peaufiné avec un budget conséquent. Nous parlons bien entendu de ce concentré d'adrénaline filmique qu'est VIBROBOY: véritable manga franchouillard alignant une suite incommensurable de mouvements délirants de caméra au service d'une histoire simplissime et guillerette. De la grosse éclate en somme!
L'avantage de la durée de ce moyen métrage (25 mn) réside dans le fait que Kounen peut se permettre de présenter trois personnages sommaires et stéréotypés au profit de son univers déglingué. Ça marche et on se marre bien.
Seulement vl'a t'i pas qu'il veut nous refaire le même coup avec son Doberman mais cette fois sur 105 minutes de films.
Le principe reste identique à VIBROBOY mais se trouve multiplié par trois: Kounen augmente le nombre de personnages, toujours aussi sommaires et emblématiques dans leur fonction; il accumule toujours autant de scènes chocs dans un désordre allant jusqu'à l'absurde et finalement aboutit à une mixture soûlante et inutile où l'on n'arrive même pas à s'intéresser aux personnages. Pourtant sa volonté de polar "sans concessions" paraît louable et explose (c'est le cas de le dire) dans de trop rares scènes aux limites du soutenable mais l'effet tombe rapidement à plat par manque de cohérence et surtout, et c'est plus grave, d'utilité!
On soupirera en se souvenant de la scène d'introduction qui augurait d'un bon moment de cinéma.
Jan Kounen a de réelles capacités en tant que metteur en scène "visuel" , il vient de l'univers de la pub, mais l'énergie qu'il dépense s'épuise rapidement et ne semble pas atteindre les acteurs, réduits à l'état de pantins sans consistance et n'existant que par leur seule apparence.
Finalement, cette rage de filmer à 100 km/heure emporte tout sur son passage, à l'image de ces "action movie" américain oubliant de raconter une histoire, même les espoirs de spectateurs désirants devenir complice de cette "chose" qu'est le Doberman.
Philippe Rigot [ Autres critiques de Philippe Rigot ]
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