Engoncé dans un costume sombre sans l'ombre d'un faux pli, le nœud de cravate impeccablement fixé entre la glotte et la luette, la démarche aussi souple que celle d'un manche à balai, William Faber a le physique de l'emploi. Oui mais lequel? Alors que d'ordinaire il étudie et ausculte colonnes de chiffres et factures, cet après-midi là, les déclarations que va lui déballer la troublante Anna n'ont rien à voir avec les revenus de cette mystérieuse cliente. Dans ce vieux bureau capitonné où chaque grain de poussière n'a pas sa place, sous le regard globuleux et ahuri de William, la jeune femme se livre sans pudeur à des confessions et des secrets très intimes. La faute aux longs dédales de couloirs des immeubles parisiens, à la désobligeance d'une concierge pas très loquace, acte manqué ou problème d'orientation, Anna a tout bêtement confondu la porte du psy avec qui elle avait pris rendez-vous avec celle de ce pauvre conseiller fiscal raide comme la justice. Dépassé par ce qui lui tombe sur le divan, pas mal intrigué et un brin voyeur, William n'ose pas avouer à Anna sa méprise et va même jusqu'à convenir avec elle d'une seconde séance.
[ Lire la critique de Sylvie Jacquy | Autres critiques de Sylvie Jacquy ]
Ce film se joue actuellement dans les salles suivantes: