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Films
Interview de Daniel Auteuil (29/12/2003)

  Daniel Auteuil un acteur très professionnel mais aussi un auteur amateur

Même fatigué par une tournée de promotion marathon, ce qu'il y a de bien lors d'une rencontre avec Daniel Auteuil, c'est qu'il vous accueille comme si de rien n'était. Poignée de main chaleureuse, ponctuée d'un malicieux "après vous", la porte se referme et vous vous trouvez assis en face de ce "monstre" du cinéma français, prêt à répondre à vos questions le sourire en coin et l'œil pétillant. Malgré 30 années de carrière derrière lui, c'est avec timidité et modestie, mais aussi beaucoup de générosité et de courtoisie, qu'il a bien voulu nous parler d'APRES VOUS, le dernier film de Pierre Salvadori, où il fait un retour éblouissant à la comédie mais aussi de sa récente expérience d'écrivain. Hésitant entre deux réponses, à la recherche de la phrase ou du mot juste, riant de ses bafouillages et de ses silences, il est comme ça Daniel Auteuil, naturel!

Cinopsis: A part LE PLACARD de Francis Veber en 2000, il y a près de 10 ans que vous n'aviez pas joué dans une comédie, genre qui pourtant vous a lancé au cinéma. Avec APRES VOUS, vous revenez en quelque sorte à vos premières amours.

Daniel Auteuil: J'y reviens chaque fois que je peux trouver comme ici un film qui me permette de décliner toutes les formes de la comédie, de l'humour jusqu'au burlesque avec un scénario excellent. La comédie est un genre qui ne supporte pas d'être moyen. Des comédies pas trop bien je sais ce que c'est, j'en ai fait, bon j'en ai fait aussi des biens! Si tous les ans on me proposait des trucs comme celle-là, c'est sûr on me verrait plus souvent dans le genre, mais tout ça ne dépend pas de moi.

C.: Ca fait du bien au moral de jouer comme ici un homme généreux et sympathique?

D.A.: Bien sûr que ça fait du bien, mais de la même façon que dans d'autres films où le personnage est moins sympa. C'est surtout différent pour le spectateur. Ici mon personnage est un type bourré de contradictions, il a de gros moments de culpabilité, il est pas franchement à l'aise dans ses baskets, il donne juste l'impression de. J'aime faire des films qui remuent les gens et aussi comme ici d'autres qui les font rire et les rendent heureux. Mais pour moi, question travail, c'est la même démarche, c'est pareil.

C.: En fait APRES VOUS aurait pu tout aussi bien être traité comme un drame.

D.A.: Un drame peut-être pas. Mais vous savez je pense que toutes les comédies, bon pas les comédies mécaniques ou à gags, mais toutes les autres, rient des difficultés de la vie. La comédie c'est tendre un miroir au spectateur et plus les histoires sont compliquées, plus c'est drôle.

C.: Dans ce film au delà de vos dialogues, vous semblez avoir fait un gros travail sur tout le faciès et les expressions de votre personnage. C'est frappant comme Antoine communique énormément ses émotions et ses sentiments avec son visage.

D.A.: Le travail c'est de ne pas faire d'expressions, en faire c'est très naturel, surtout moi (il rit). Oui ce rôle me permettait ça, j'en avais envie. Ce rôle peu à peu m'a amené à une espèce d'Arlequin un peu débordé qui plus il avance plus il ne contrôle rien. Alors il se lâche...

C.: Vous imitez très bien le homard d'ailleurs!

D.A.: Ah oui vous avez vu ça! Il y a dans ce film des scènes comme celle du homard qui sont du pur burlesque mais elles sont jamais décalées, toujours en situation. Il y a aussi beaucoup d'émotion le reste du temps. Moi j'aime bien aussi les scènes de comédie plus tendres comme quand je vais chez la fleuriste et que je fais "Madame? Mademoiselle?" pour savoir si il est mariée… En fait j'aime tout, c'est un film que j'adore de toute façon, je le dit partout et à tout le monde.

C.: C'est vrai qu'il y a aussi des moments où il ne faut pas en faire de trop, des passages où après le show il faut savoir jouer toute en retenue.

D.A.: Oui c'est ça, tout est une question de dosage. C'est un peu comme sur une partition de musique où on vous marque de jouer fort ou pas. Là les sentiments étaient parfaitement indiqués sur le scénario. Je le lisais et inconsciemment je me disais, ben là il peut faire ça. Je me laissais entraîner, ça ma paraissait juste et j'avais le regard très précis de Pierre Salvadori qui me poussait plus ou au contraire me freinait. Quand j'ai lu le truc et que j'ai vu ce rôle, je me suis dit, là je peux aller faire un festival!

C.: Et si on avait inversé les rôles entre José Garcia et vous. Quelle aurait été votre réaction à la lecture du scénario si vous vous étiez retrouvé dans la peau de ce pauvre type dépressif.

D.A.: Je l'aurais fait aussi, bien sûr! Mais peut-être que je me serais un peu répété. Dans LE PLACARD, je jouais un type un peu comme José Garcia, un type prêt à sauter et qui subit les situations. Ici avec Antoine, je joue un type qui met en scène, qui est tout le temps dans l'action. Mais en fait je vous dis des conneries c'est pas du tout les mêmes rôles, ça n'a rien à voir. C'est juste pour sortir ma phrase que j'aime bien. J'aime bien dire que je suis dans l'action, c'est ça qui me permet de faire tout ça, tous ces mouvement. En plus ça permet à José de faire rire mais avec plus d'intériorité. On s'équilibre d'une façon inattendue. Enfin moi ça ne me surprend pas parce que ça fait 30 ans que je sais que je fais ça.

C.: Face à une pile électrique comme José Garcia, le courant est passé tout de suite entre vous?

D.A.: Oh oui bien sûr! Il donne l'impression d'être une pile électrique mais en réalité c'est un mec vachement sérieux et extrêmement concentré dans son boulot. Bon il nous a énormément fait rire sur le plateau, mais c'est aussi un bel acteur. J'étais impatient de le rencontrer mais aussi au début très intimidé, tout comme pour Sandrine d'ailleurs. J'ai une espèce de pudeur qui fait que je suis toujours impressionné lorsque je rencontre des acteurs que je ne connais pas. Mais bon ça dure pas bien longtemps, juste quelques jours.

C.: Vous disiez que ce que vous aimiez faire du cinéma aussi pour faire de nouvelles rencontres. Ici vous avez été drôlement bien servi.

D.A.: Ah oui j'ai été comblé! Mais je continue aussi à faire du cinéma parce que c'est mon métier et que je l'adore et que je ne sais faire que ça. Mais c'est vrai que si il fallait que je le fasse avec des gens que j'aime pas je serais triste c'est certain. Je le ferais peut-être pas d'ailleurs, je ferais plus de théâtre.

C.: Justement le théâtre ou l'écriture, c'est un peu pour vous des moments de pause.

D.A.: Euh le théâtre oui c'est une parenthèse mais c'est toujours mon métier. Mais écrire c'est un peu particulier, ça s'est fait pendant plein de choses, c'est un truc que j'ai fait un peu en amateur. Mais c'est un sacré boulot, c'est pour ça que je ne peux pas écrire de scénarios par exemple.

C.: Quand vous avez écrit votre livre, vous aviez le syndrome robe de chambre et bougon enfermé chez vous, comment étiez vous?

D.A.: Ouhlala je me fais des films quand j'écris ou plutôt quand j'écrivais. Maintenant ça a tellement plu que je ne sais plus où me mettre pour écrire (il rit). Non mais j'étais très concentré quand j'écrivais, c'était assez bizarre. Tous les trucs artistiques de toute façon ne peuvent se faire que dans un état de grande concentration, on ne peut pas écrire ou jouer comme ça, même si ça paraît détendu. Alors comment j'écris? Ben à la main ou sur l'ordinateur, en tournée de théâtre, mais seul, ouais je ne peut écrire que seul.

C.: Mais vous êtes conscient que c'est le gros piège pour vous. Après le premier tout le monde attend le deuxième!

D.A.: Oui oui je sais et ça me bloque (il éclate de rire). Mais ça va venir, doucement, vous savez j'ai attendu 10 ans avant d'oser publier le premier. J'ai trouvé ça d'une impudeur totale, c'est la première fois que je ne me cachais pas. C'est une drôle de sensation que d'écrire, de construire des gens avec des bouts de soi-même. Mais c'est bien agréable et ce plaisir pour moi s'est prolongé quand j'ai fait des lectures de mon livre. Ouais ça me plaisait bien tout ça, mais c'est difficile et usant, regardez dans quel état je suis (il éclate de rire).

Sylvie Jacquy


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