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Films
Interview de Bryan Singer (01/01/2001)

  Bryan Singer: Le manipulateur

C'est dans le cadre d'un hôtel amstellodamois teinté d'un modernisme en noir et blanc que nous avons rencontré Bryan Singer. Son visage d'adolescent ne trahit nullement ses 33 ans mais affiche une profonde confiance en soi. Ce jeune surdoué du cinéma américain nous révèle quelques secrets sur sa fabrication narrative de X-men.

Cinopsis : Est-il vrai que vous ne connaissiez pas les X-MEN avant d'être approcher par la Fox?
Bryan Singer: Effectivement, je n'avais pas lu de X-MEN durant mon adolescence. Le projet m'a été envoyé avant que je réalise APT PUPIL, un film très intime où j'essayais de maintenir une certaine tension et installer des situations réellement dramatiques. On a tourné dans très peu d'endroits avec uniquement deux personnages centraux. X-MEN m'offrait dès lors beaucoup de possibilités : explorer la science-fiction - ce que j'ai toujours voulu faire -, développer beaucoup de personnages en une fois, étendre mon imagination par le biais des effets spéciaux et des costumes.

C.: A vrai dire, on vous voyait mal à la barre d'une telle production…
B.S.: C'est vrai, ça doit sembler bizarre aux personnes qui ne me connaisse pas bien. C'est un changement, d'accord, mais cela ne m'a pas paru bizarre. Pour moi, cette évolution est tout à fait normale. Il y a beaucoup de cinéastes qui passent d'un genre à l'autre. Tant que les personnages sont intéressants et qu'on y trouve une thématique derrière le film, le jeu en vaut la chandelle.

C.: Quelles sont les éléments qui vous ont fait cliquer, dans lesquels vous vous êtes retrouvé?
B.S.: X-MEN parle de gens qui se réveillent un jour et ne sont plus les mêmes. Ils ne font plus partie de leur monde. De là, ils partent à la recherche d'un monde qui leur est plus proche. Au milieu, on trouve les humains représentés par un sénateur fasciste et de part et d'autre les X-MEN. Leurs peurs vont les faire s'affronter… Le film brasse des thèmes qui sont présents dans tous mes films comme les préjugés, la peur de l'inconnu, le rejet de la société et les relations inter-personnages. De plus ce ne sont pas des personnages héroïques, pour moi, ce sont des anti-super-héros. Je ne m'investis jamais dans un projet pour lequel je n'ai pas participé à l'évolution scénaristique.

C.:Vous êtes content du résultat?
B.S.: Oui, en tenant compte du fait qu'à la base, le film s'adresse aux lecteurs de comics. Je devais tout à la fois me concentrer sur mes personnages et sur le spectaculaire, qui est un des éléments le plus amusant sur ce type de films.

C.: Qui vouliez-vous satisfaire en premier : les fans, le studio ou vous-même?
B.S.: Je devais satisfaire tous les publics qu'ils soient fans ou néophytes. Pour le reste, mon style et ma vision propre ressortent naturellement dans le film. Le simple choix de réaliser X-MEN reflète mon style. Tous mes films entretiennent un flou entre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Mes personnages sont tous d'une riche complexité. J'aime que différentes forces s'affrontent en même temps à l'écran. Ce que je fais avec la caméra, le son, l'écriture et la musique dans mes films sont miens.

C.: A quel niveau avez-vous placé votre axe d'approche?
B.S.: Pour présenter les personnages du film, j'ai choisi deux optiques. La première relève de mon ignorance du comics. D'abord, j'ai effacé cette lacune en me gavant de lecture et dessins animés. Puis, j'ai directement attaqué à l'instinct, ce qui m'a permis de développer ce qui me paraissait important. Je savais ce que je faisais. Je devais expliquer au public les pouvoirs et les motivations des personnages. Si on se lance dans ce genre de productions, vous vous doutez bien que l'on doive s'adresser à un maximum de gens. Le public actuel réagit de plus en plus vite à ce qui se passe à l'écran, il capte directement les tenants et les aboutissements de votre film, il ne faut jamais lui donner l'impression de lui donner la becquée, avoir un discours à la limite du débile. Je crois en l'intelligence du public, il apprécie quand on ne le traite pas avec condescendance. Le deuxième axe était Wolverine. J'ai toujours opté pour qu'il soit le personnage central. Il représente tout ce qui est tragique dans le fait d'être un mutant. Il ne comprend pas sa mutation, il est très cynique - tout comme je l'étais lors de ma première lecture des comics -, il est l'ultime outsider. Je l'ai abordé comme s'il me représentait au sein de cette communauté en train de me moquer de leurs gadgets, noms et costumes. Wolverine est devenu ma voix, mon point de vue. Rogue représente mon autre axe. Je voulais également développer une histoire d'amour sans avoir recours au contact physique. On peut même extrapoler le sentiment - justifié - que presque tous les personnages se manipulent ou tentent de se manipuler, ce qui m'est extrêmement proche.

C.: Vous jouez aussi beaucoup sur les décors…
B.S.: Oui, on n'est ni chez SUPERMAN ni chez BATMAN. Le premier a pour toile de fond Métropolis et l'autre Gotham City. Les X-MEN ont toujours eu comme décor New York ou Washington. J'ai voulu insister sur ce détail et situer l'action dans un décor réel. Je ne voulais pas faire un film à la Tim Burton, plein de fantaisies. Dans Batman, nous évoluons dans un monde fantastique avec homme ordinaire, multimillionnaire au demeurant, qui dépense son argent en avions, voitures et autres gadgets… C'est d'ailleurs un des principaux attraits de BATMAN, il est très commun, c'est le monde burtonien qui l'entoure qui est fantastique. Tandis que dans les X-MEN, ce sont les personnages qui sont fantastiques et qui ont des pouvoirs extraordinaires. A partir de là, je devais les faire évoluer dans notre monde. Ça, c'est amusant, palpitant et beaucoup moins cher…

C.: Est-ce que le départ de John Ottman (monteur et compositeur attitré de Bryan Singer) a affecté votre travail?
B.S.: Disons, qu'on était tous les deux très déçus. On a eu un problème de calendrier. Lui voulait absolument réaliser, ce qu'il a fait (ndlr : avec URBAN LEGEND : THE FINAL CUT). Il avait envie mais n'a pas pu. Mais vous devez savoir, que John Ottman n'aime pas monter. Au moment où je finissais mon tournage à Toronto, il a débarqué avec son équipe. Nous nous parlions via nos portables tout en dirigeant des scènes et nous avons visité nos plateaux de tournage respectifs.

C.: Pour vous X-MEN, c'est quoi?
B.S.: Ce n'est définitivement pas un film d'action! C'est un film de science-fiction avec de l'action dedans.

Olivier Guéret


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