Titre français: Land of mine
Réalisation: Martin Zandvliet
Interprètes: Roland Møller, Louis Hofmann, Joel Basman, Mikkel Boe Følsgaard
Scénario: Martin Zandvliet

Durée: 100‘
Genre: Drame de guerre
Date de sortie: 25/01/2017
Cotation: **** (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

Mai 49 au Danemark. Cinq ans d’occupation viennent de se terminer. Les Allemands sont raccompagnés chez eux à coups de pieds au sens propre comme au figuré. Mais sur la côte du Danemark, ce sont 2,2 millions de mines qui restent sous le sable. Alors pourquoi ne pas demander gentiment aux allemands de déminer sur le chemin du retour...

Un étonnant et original détail de la grande Histoire de la seconde guerre mondiale. Voilà ce qui constitue le point de départ de UNDER SANDET (LAND OF MINE) au scénario et à la mise en scène pour le moins habiles.

Car l’intelligence du scénario, c’est de nous montrer deux camps, l’un celui des alliés, les Danois que l’on ne peut que trouver sympathique, l’autre, les ennemis de cinq ans de guerre sans merci que l’on a envie de haïr. Mais voilà, le film ne se contente pas de nous montrer cet antagonisme, il va balancer notre empathie entre allemands et danois, montrant à qui veut le voir que les uns comme les autres se comportent comme des monstres.

Autre côté intéressant de ce script est la possibilité de mise en tension permanente du récit inhérente au déminage lui-même qui s’apparente à une sorte de roulette russe du suspens d’un film et qui, manipulée à bon escient (comme c’est la cas ici) permet de dynamiser l’ensemble et de relancer l’intérêt du spectateur quand il le faut.

Mais le scénario n’est pas tout, la mise en scène, d’une grande sobriété, sait se faire oublier quand il le faut au profit des antagonismes ou se montrer au grand jour dans les scènes d’horreur (plutôt gore) lorsqu’il faut montrer à quel point la guerre reste une infamie qui exacerbe les plus bas instincts de l’homme.

Avec un côté presque huis-clos (une grande partie du film se passe dans une ferme), le récit renforce aussi son climat d’angoisse et montre comment les rapports de force s’installent entre les chefs danois et les jeunes soldats allemands, tout en décrivant également comment le respect peu se forcer même entre ennemis farouches.

Vous l’aurez compris ce troisième film du réalisateur danois Martin Zandvliet est un film à voir tant par son sujet étonnant que par sa qualité cinématographique indéniable. On attend avec impatience son prochain bébé THE OUTSIDER développé aux Etats-Unis.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...