Titre français: Le Voyage De Chihiro
Réalisation: Hayao Miyazaki
Interprètes: Daveigh Chase, Suzanne Pleshette, Miyu Irino, Rumi Hiiragi
Scénario: Hayao Miyazaki

Durée: 122‘
Genre: Film d'animation
Date de sortie: 24/09/2002
Cotation: **** (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

Lorsque les parents de la petite Chihiro (10 ans) lui annoncent qu'ils doivent déménager, celle-ci accueille la nouvelle avec une certaine hostilité. Lors du voyage, Chihiro se cramponne au souvenir de ses copines autant qu'à un petit bouquet de fleurs, dernière manifestation tangible de sa vie passée. Arrivée dans un cul-de-sac, la famille se retrouve face à un immense bâtiment rouge au centre duquel, telle une énorme bouche, s'ouvre un tunnel sans fin. Au sortir de celui-ci se dresse une ville fantôme...

On croyait qu’avec PRINCESSE MONONOKE, le maître Hayao Miyazaki avait refermé son grand livre d’images tant son dernier ouvrage semblait être une oeuvre-somme reprenant les thèmes et les personnages chéris pas l’auteur depuis des années. Il n’en est rien! Avec LE VOYAGE DE CHIHIRO, l’auteur de MON VOISIN TOTORO et de PORCO ROSSO rempile et fait encore plus fort! Il nous invite à l’intérieur même de son usine à rêves…

Les personnages sont parfaitement esquissés. Du dessin à leur psychologie, ils ne sont pas en noir et blanc mais bien colorés de mille feux, terriblement vrais et humains. C’est un des forces de Miyazaki! Il le sait et manipule parfaitement ses créatures impalpables (Humains, Dieux, grenouilles…) pour leur offrir des existences nuancées où les enjeux sont loin d’être définis à l’avance.

Tous les films de Miyazaki nous font pénétrer un monde très étrange, de premier abord visuellement éblouissant, avant de se révéler très rapidement être le reflet de notre univers. Dans LE VOYAGE DE CHIHIRO, l’établissement de bains qui accueille les esprits n’est autre que le studio GHIBLI. Les différents étages tout comme le personnel incarnent l’organigramme du studio de production avec en point d’orgue l’homme à tout faire, celui qui tient en ses six bras le fonctionnement du studio/bain. A l’écran c’est Kamajii et dans la vie de tous les jours, c’est Miyazaki lui-même! L’homme orchestre dans toute sa splendeur et dans toute son arrogance mais non dénué de tendresse. Au-delà de cette grosse référence qui ancre le film dans un quotidien parallèle, ce dessin animé, prolongement d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, illustre impeccablement le passage de l’enfance à l’adolescence d’ex-gamine en devenir.

Dépeint avec beaucoup de sensibilité, l’enfant, celle par qui tout arrive, sera le prisme central de l’oeuvre. Celui au travers duquel le regard des autres personnages vont changer, s’affiner en finissant tous par révéler leurs propres faiblesses. C’est cela un animé de Miyazaki! C’est une tranche d’humanité à l’état brut fourmillant de persos admirables, d’idées géniales et d’une intense poésie. Avec ses chef-d’oeuvres, le dernier maître du dessin animé brise les codes qu’ils soient graphiques ou culturels, il touche au magique et atteint le langage universel…

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Journaliste