Réalisation: Jean-Pierre Jeunet
Interprètes: Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus, Lorella Cravotta
Scénario: Guillaume Laurant, Jean-Pierre Jeunet

Durée: 120‘
Genre:
Date de sortie: 24/04/2001
Cotation: ****

C'est très exactement le 30 août 1997, jour de la mort de Lady Di, que le destin d'Amélie Poulain va basculer. Cette jeune fille pas comme les autres, qui aime briser la croûte des crèmes brûlées avec la pointe de la petite cuillère et faire des ricochets sur le canal Saint-Martin, va prendre cette nuit-là la décision de réparer les cafouillages de la vie des autres. De sa concierge neurasthénique à "l'homme de verre", son voisin peintre, en passant par Georgette sa collègue hypocondriaque ou encore Joseph le jaloux maladif du bistrot où elle est serveuse. Tous et encore bien d'autres vont avoir affaire aux stratagèmes insensés de cette petite marchande de bonheur. Jusqu'au jour où la mission d'Amélie va brusquement être perturbée par la rencontre du prince charmant en la personne de Nino Quincampoix...

Une fois n’est pas coutume, un avertissement : les lignes qui vont suivre ont pour valeur de mise en garde. Par conséquent, si vous êtes désireux de courir voir ce film, il est vivement recommandé d’en prendre connaissance. En effet, la protection du spectateur qui nous incombe et la passion du cinéma qui nous anime nous amènent, au regard du contenu de cette nouvelle réalisation de Jean-Pierre Jeunet, à mettre en relief le bon vieux dicton populaire: « Un homme averti en vaut deux ».

Les habitués et amateurs du genre se souviennent certainement du truculent DELICATESSEN ou encore de l’étrange LA CITE DES ENFANTS PERDUS, à moins que ça ne soit du palpitant ALIEN RESURRECTION, et savent combien le bonhomme est un maestro dans l’invention scénaristique et technique. Mais pour cette fois-ci, dites-vous que vous n’avez rien vu et que ce film concentre en deux petites heures un violente dose de talent, agrémentée d’un concentré brut de poésie et d’enchantement. Inutile donc de dire que pendant, mais aussi à l’issue de la projection, des effets secondaires sur le comportement et l’humeur générale sont susceptibles de se faire ressentir d’une façon anormale. Sourire béat et yeux qui pétillent, violente poussée de joie, sensation inhabituelle de bonheur sont quelques uns des symptômes qui peuvent apparaître. Ajoutons que, pour les plus émotifs, c’est même leur propre vie qui risque de s’en trouver perturbée, ou tout du moins leur vision et leur rapport avec le cinéma. Enfin, le rythme soutenu de ce manège enchanté et le foisonnement des idées lumineuses qui y fourmillent peuvent également vous empêcher d’avoir le temps de plonger la main dans votre seau de pop-corn.

Maintenant que vous êtes prévenu, ne comptez pas sur nous pour vous raconter quoi que ce soit sur LE FABULEUX DESTIN D’AMELIE POULAIN, ce serait l’égratigner et lui faire perdre de sa saveur et son éclat. D’ailleurs, pour vous aider dans cette expérience extraordinaire, Jean-Pierre Jeunet a pris soin de faire appel à un narrateur remarquable en la personne d’André Dussolier et à un fil rouge aux grands yeux noirs sous les traits d’une radieuse Audrey Tautou. A cela il a ajouté une étonnante galerie de portraits gouailleurs, campés par un florilège d’acteurs habitués ou petits nouveaux, mais tous merveilleux (que nous ne pouvons malheureusement pas citer tant la liste et longue), et, pour bercer ce petit monde de rêve et de magie, la musique de Yann Tiersen. Carte postale animée, potion magique, eau de jouvence ou drogue douce, ce film est un peu de chaque et tout ça à la fois. Une dernière recommandation cependant, il est à mettre entre toutes les mains et à consommer sans modération, pour certains une deuxième séance pouvant même s’imposer si vous souhaitez que les effets persistent.

Vous aimerez peut-être:

A propos de l'auteur

Journaliste

Journaliste