Titre français: Les figures de l’ombre
Réalisation: Theodore Melfi
Interprètes: Taraji P. Henson, Octavia Spencer, Janelle Monáe, Kevin Costner
Scénario: Allison Schroeder, Theodore Melfi

Genre: Drame biographique
Date de sortie: 01/02/2017
Cotation: ** (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

L’université de Virginie Occidentale est la seule université de l’Etat à accepter les noirs. C’est là que les parents de Katherine Coleman la font rentrer en avance sur son cursus. Il faut dire que Katherine est particulièrement brillante en mathématiques...

Etre noir en 1961 n’était pas une sinécure, être noire et femme en 1961 était un double handicap quasi insurmontable. Mais être noire, femme et travailler à la NASA comme calculatrice relevait de la mission impossible. Et c’est partant de cette anecdote inconnue du grand public, des femmes afro-américaines oeuvrant dans l’ombre de la NASA pour qu’un américain puisse voler dans l’espace avant les russes, que se construit ce HIDDEN FIGURES, un récit inspiré, bien sûr, de faits réels.

Bourré d’anecdotes (les toilettes pour femmes de couleurs par exemple), chargé d’un humour du désespoir, le film a hélas le défaut de ses qualités. En voulant insister de manière presque scolaire, de façon trop démonstratrice sur les problèmes de ses femmes, HIDDEN FIGURES déforce terriblement son sujet et son pitch de départ qui était pourtant original et instructif.

Pourtant Theodore Melfi, le réalisateur et scénariste, avait su nous séduire dans un film un peu ovni, ST. VINCENT, mais ici, si il réussit encore à faire passer une émotion certaine dans ce témoignage sur une époque que l’on espère révolue, il ne parvient pas à sortir son scénario d’un ensemble évident de lieux trop communs et de bons sentiments bien américains.

Evidemment le casting est tout à fait à la hauteur et l’on prend plaisir à retrouver Taraji P. Henson (de la série Person of Interest) dans un rôle de mathématicienne géniale, Jim -Sheldon- Parsons en (devinez quoi) ingénieur ou enfin Kevin Costner dans un rôle sur mesure d’homme dur au grand coeur.

On ne peut donc pas dire que HIDDEN FIGURES soit un mauvais film, mais avec un sujet comme ça, il aurait pu bénéficier d’un scénario à la hauteur et prendre une ampleur qu’hélas les studios n’ont pas su lui donner.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...