Titre français: Le Château Ambulant
Réalisation: Hayao Miyazaki
Interprètes: Chieko Baishô, Takuya Kimura, Tatsuya Gashûin, Akihiro Miwa
Scénario: Hayao Miyazaki, Diana Wynne Jones

Durée: 119‘
Genre:
Date de sortie: 29/03/2005
Cotation: **** (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

Sophie a 18 ans lorsqu'elle croise Hauru, le beau magicien. Témoin de cette rencontre, la Sorcière des Landes, jalouse, jette une malédiction sur Sophie: elle doit vivre dans le corps d'un vielle femme de 90 ans. Sophie s’enfuit dans la montagne et croise la route du château errant de Hauru. Pendant ce temps, le monde sombre dans la guerre totale...

Ceux qui voudraient retrouver le charme et les frissons du VOYAGE DE CHIHIRO et de MON VOISIN TOTORO, risquent d’être surpris par ce CHATEAU AMBULANT.

En donnant à son héroïne l’apparence d’une très vieille femme, Hayao Miyazaki donne un ton – et un rythme – très différent de ses films précédents. D’abord fidèle à son imagerie habituelle, il plonge brusquement son CHATEAU AMBULANT dans l’obscurité et la violence en suivant une ligne narratrice aussi chaotique que cette guerre absurde qui enflamme son univers.

Miyzaki dit avoir voulu évoquer son enfance pendant la seconde guerre mondiale. Il raconte qu’un jour, alors que sa famille fuyait les bombardements en voiture, son père avait refusé de s’arrêter pour prendre d’autres réfugiés. Un acte de pure survie, dur, implacable. LE CHATEAU AMBULANT a été fait avec le désir de convaincre tout adulte dans la même situation d’arrêter la voiture et d’aider les autres.

Avec un point de départ aussi grave, pas étonnant qu’on ne retrouve pas la légèreté d’un PORCO ROSSO. Et si tout finit bien – genre oblige -, on passe par une succession de sentiments amers à forte dose – peur, déception, lâcheté tout ce que l’on vit en période de guerre – sur fond de destructions massives. Il faut bien l’avouer, on se perd.

Avec le CHATEAU AMBULANT, Miyazaki au sommet de son art signe son film le plus fort, le plus flamboyant, et le plus personnel. Trop peut-être. Car il laisse l’essentiel de son public – enfants, ados, jeunes adultes – sur le carreau.

Ce risque, il l’a pris en conscience: « Peut-il y avoir une animation pour les vieilles personnes? Avec ce film, je tente de donner une réponse » – a-t-il un jour déclaré. Et il a aussi promis que le prochain serait pour les enfants…

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A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.