Réalisation: Woody Allen
Interprètes: Woody Allen, Goldie Hawn, Julia Roberts, Edward Norton
Scénario: Woody Allen

Durée: 101‘
Genre: Comédie musicale
Date de sortie: 11/03/1997
Cotation: **** (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

La vie d'une famille aisée new-yorkaise, dont les histoires d'amour se font et se défont. Entre l'Amérique et Venise. Le tout en chansons!

Le Woody Allen cuvée 1997 est un grand cru. EVERYONE SAYS I LOVE YOU est un film léger et pétillant, ce qui ne l’empêche pas d’avoir les marques de mâturité de son auteur: s’il est revenu à l’humour de ses débuts, d’apparence futile, il le mélange avec la justesse de l’étude de moeurs de ses films plus graves; tout cela avec une maîtrise et un sens de la comédie qui donnent un plaisir vertigineux.

EVERYONE SAYS I LOVE YOU est une comédie musicale spéciale: les acteurs y chantent et dansent, alors qu’ils sont manifestement inexpérimentés. Les légères hésitations renforcent le naturel et la sincérité du film dans un genre pourtant dominé par la sophistication et l’artifice. Woody Allen lui-même murmurant timidement sa chansonette est particulièrement touchant. Mais cette légère maladresse (voulue) est combinée à une incroyable maîtrise de la chorégraphie et… des effets spéciaux. Si si. On a même droit à une danse aérienne de Goldie Hawn assistée par ordinateur, digne des meilleures séquences de STAR WARS et SINGIN’ IN THE RAIN réunis. Un vrai bonheur.

A côté de ses réflexions habituelles sur l’amour et le couple, Woody Allen se paie un détour social et politique inattendu. Par touches répétées, il tape joyeusement aussi bien sur les riches Démocrates de façade (façon gauche-caviar), que sur les Républicains d’une crétinerie affirmée. Les derniers sont les plus éreintés, Woody n’hésitant à les qualifier de malades mentaux. L’attaque n’est pas si gratuite que ça quand on sait que c’était un Reagan progressivement halzeimerisé qui dirigeait le pays le plus puissant de la planète. Ses projets de Guerre des Etoiles et ses trous de mémoires dans l’Irangate ne seraient-ils pas le résultat de la fuite par les oreilles de ses neurones fondus? Grattez l’humour, vous tomberez sur du sérieux plus pertinent qu’on le pense.

On le sait, les éternels bavardages psychanalytico-sentimentaux de Woody Allen sont toujours les mêmes, qu’ils soient transposés dans la comédie musicale, le film de gangster (BULLETS OVER BROADWAY), le thriller (MANHATTAN MURDER MYSTERY) ou le théâtre antique (MIGHTY APHRODITE). Mais que voulez-vous? Quand c’est si juste, quand c’est si bon, on ne peut qu’adorer.

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A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.